J'ai revu P. samedi. Une année complète que nous avions passé à s'éviter soigneusement, lui pour ne pas tomber dans l'amour fou, moi pour ne pas le blesser. On m'avait dit qu'il n'y serait pas. On lui avait dit que je n'y serais pas. J'ai revu P. samedi. On ne s'était pas écrit depuis notre dernière chicane il y a quelques semaines. On s'est parlé. On s'est cherché tour à tour, on a fuit à tour de rôle. Il y avait cette flamme dans ses yeux qui me chavire, mais il y avait aussi beaucoup de vin dans mon sang. Juste assez pour que je lui offre mes lèvres. L'Instant d'une soirée, j'ai dit. Demain, on oublie.
A. lui a dit que je n'étais pas parfaite. Que j'étais même parfois très chiante. Il lui a dit qu'il le savait mais que... c'était comme ça. C'est plus fort que lui.
Il ne m'a pas embrassé. Il a hésité un peu trop longtemps et quand il est revenu, j'avais la tête dans les nuages et le coeur étendu sur le sol. Je lui ai écrit lundi pour lui assurer que j'avais tout fait avec ma tête, que l'alcool n'était pas responsable de l'offre du baiser. Il m'a répondu avec la plus belle lettre d'amour que je n'ai jamais reçu. La deuxième en fait, la deuxième plus belle lettre d'amour qu'il m'offre, la première remontant à cinq ans. On a longtemps rit de son obsession, lui et moi. Mais je crois que ça ne passera pas. Et malgré tout cet amour que j'ai pour lui, tout cet amour qui ne sera jamais assez comparé au sien, cet amour d'un autre siècle, cet amour d'écrivain tourmenté, ce ne sera jamais assez.
Il a dit à A. que c'était la pire soirée de sa vie. Elle lui a dit qu'il faudrait qu'il finisse par comprendre. Que je ne l'aimerai jamais. Il a dit que lorsqu'il ne me voyait pas pendant quelques mois, qu'il n'avait pas de mes nouvelles pendant quelques semaine, il parvenait à oublier un peu.
Je vais essayer de disparaitre.
mercredi 27 septembre 2006
mardi 19 septembre 2006
vendredi 15 septembre 2006
Jeudi mi soir mi nuit
Il va peut-être y avoir exposition.
Panique à bord.
Je dois préparer mon portfolio, choisir ce que j'aimerais présenter, décider de prix et...
Je n'ai rien dit à personne. Même A. ne sait pas que j'ai franchit ce mince pas entre je le ferai et je fais.
T. ne me parle plus. Ses silences sont comme autant de ficelles jetées à la mer. Trois jours que je n'ai pas vu J.
Panique à bord.
Je dois préparer mon portfolio, choisir ce que j'aimerais présenter, décider de prix et...
Je n'ai rien dit à personne. Même A. ne sait pas que j'ai franchit ce mince pas entre je le ferai et je fais.
T. ne me parle plus. Ses silences sont comme autant de ficelles jetées à la mer. Trois jours que je n'ai pas vu J.
dimanche 10 septembre 2006
Pachelbel et ses canons à pleine tête ou Dimanche soir
Seul le vent parle. Il dit qu'il est inutile de s'accrocher lorsque le moment passe. Que demain pourrait être meilleur comme il pourrait être pire, mais qu'il sera. Inéluctable.
Ma soeur est partie depuis longtemps. Je voudrais l'entendre rire contre mon oreille. L'oreille de mon frère est égoiste. Elle fait du je, me, moi et je ne sais pas la saisir. Je lui ai raconté des mensonges rose bonbon préparés tout exprès pour elle, mais elle s'indiffère. Elle me lasse. Mes mots restent. Ici.
Et sur le plancher de mon salon, le château de cartes s'effondre en silence.
Ma soeur est partie depuis longtemps. Je voudrais l'entendre rire contre mon oreille. L'oreille de mon frère est égoiste. Elle fait du je, me, moi et je ne sais pas la saisir. Je lui ai raconté des mensonges rose bonbon préparés tout exprès pour elle, mais elle s'indiffère. Elle me lasse. Mes mots restent. Ici.
Et sur le plancher de mon salon, le château de cartes s'effondre en silence.
jeudi 7 septembre 2006
Jeudi nuit
" J'ai des fins de scénarios
coincées dans mes artères
et je ne vois plus très, très haut
depuis que j'ai commencé à me taire
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai des vices cachés
j'ai des vices cachés
j'ai des vices cachés
et des pièces détachées..."
Moffatt plein la tête. La gorge silencieuse qui se mord l'intérieur. Tout est si fragile. Le moindre mot pourrait tout renverser. Je pourrais en mourir. Équilibre précaire. Et pourtant, si.
Si.
Je rêve de matins endormis, de corps emmêlés, de projets aléatoires, de bouchées infernales. Je rêve d'un salon en briques, d'une salle de bain en bambous, d'une petite fille aussi mignonne que celle.
Je ne dirai rien.
Promis.
coincées dans mes artères
et je ne vois plus très, très haut
depuis que j'ai commencé à me taire
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai le coeur dans la tête
J'ai des vices cachés
j'ai des vices cachés
j'ai des vices cachés
et des pièces détachées..."
Moffatt plein la tête. La gorge silencieuse qui se mord l'intérieur. Tout est si fragile. Le moindre mot pourrait tout renverser. Je pourrais en mourir. Équilibre précaire. Et pourtant, si.
Si.
Je rêve de matins endormis, de corps emmêlés, de projets aléatoires, de bouchées infernales. Je rêve d'un salon en briques, d'une salle de bain en bambous, d'une petite fille aussi mignonne que celle.
Je ne dirai rien.
Promis.
lundi 4 septembre 2006
Lundi matin
Je t'ai encore raconté hier. Quand je te raconte, il y a une foule de petits détails qui se font un feu d'artifices dans ma tête. Je me souviens de ton odeur sur l'oreiller et de la sensation si particulière de ta bouche sur mon oreille. Je me rapelle Camille, la partie de billard, la route si longue vers nulle part, nos rires nocturnes, mes fuites, ta fenêtre, nos livres, ton rire. Il y avait longtemps que je ne t'avais pas raconté, mais dès que j'ai prononcé ton nom, tout m'est revenu. Te souviens-tu du quai lorsque je suis partie? Tu portais une chemise rayée verte et violet, tu étais superbe. Il y a eu ce baiser si chaste et puis celui si passionné et porteur du seul mot possible. Adieu. Et toi, il t'arrive de me raconter?
samedi 2 septembre 2006
Vendredi nuit
"Papapappappappappappappappadapada"
J'ai été au Musée. Je me suis mordue pour voir si je savais vivre. On a rit. On s'est posé plein de questions. Mon épaule s'encastre parfaitement dans la sienne. Pourquoi se contenter d'une journée presque parfaite? Scène de film alors que je l'aperçois, elle, au coin de la rue et que j'entraine J. dans l'autre direction. Mes dents imprimées dans mon avant-bras. Je vais acheter une tuque très laide à L. pour son anniversaire. Souvent, les films qui jouent sur l'écran alors que je joue dans la salle n'ont aucune importance. Je n'ai pas saigné.
"Oh Montréal
T'es tellement froide
Un ours polaire dans l'autobus
J'm'inspire du pire
Pour m'enrichir
Et je t'aime tellement que j'hallucine
pappappappapadapada"
J'ai été au Musée. Je me suis mordue pour voir si je savais vivre. On a rit. On s'est posé plein de questions. Mon épaule s'encastre parfaitement dans la sienne. Pourquoi se contenter d'une journée presque parfaite? Scène de film alors que je l'aperçois, elle, au coin de la rue et que j'entraine J. dans l'autre direction. Mes dents imprimées dans mon avant-bras. Je vais acheter une tuque très laide à L. pour son anniversaire. Souvent, les films qui jouent sur l'écran alors que je joue dans la salle n'ont aucune importance. Je n'ai pas saigné.
"Oh Montréal
T'es tellement froide
Un ours polaire dans l'autobus
J'm'inspire du pire
Pour m'enrichir
Et je t'aime tellement que j'hallucine
pappappappapadapada"
dimanche 27 août 2006
Samedi soir ou ... La Perfection
Un samedi étrange.
L'après-midi passée à courir donner de l'aide à deux Français fraichement débarquée dans l'appartement de ta soeur qui s'est poussée sur le chemin de Compostelle.
La soirée avec deux options. Soit G. te fait des moules, soit J. t'amène au resto.
Après quelques tentatives (infructueuses) de rejoindre J., tu appelles G. qui te raconte qu'près avoir passée la journée à jouer au frisbee, il est fatigué et s'en allait justement faire une sieste. Bon, il y a des excuses meilleures, non? Tu lui dis que tu te sens abandonnée mais que tu devrais survivre. Tu essaies de nouveau de rejoindre J. Sans réponse. Merde.
18h12 Tu es convaincu que ta soirée sera un échec.
18h24 appel de J. Tu reprends espoir.
18h25 J. t'annonce qu'il est à moitié mort puisqu'il s'est couché à midi, qu'il va faire une sieste et te rapelle plus tard.
18h45 Tu te poses de sérieuses questions sur ton intérêt personnel. Tu sors papier et crayon et tu laisses aller ton imaginaire.
20h14 J. te rappelle pour te dire qu'il va dormir toute la soirée. Tu crayonnes toujours.
20h20 Tu te dis que tu pourrais toujours passer la soirée avec un inconnu.
20h32 Tu renonces à l'idée. Aucune envie de devoir alimenter une conversation sans substance durant une période indéterminée. Tu crayonnes encore.
21h12 Tu sors ( Jupe jeans ultracourte sur jupe légère violette assez longue. Camisole blanche. Chandail vert. Foulards (2) rouges. De teintes différentes.) dans le but de te louer un film.
21h34 Tu traumatises la fille du comptoir avec ton accoutrement. Tu lui sers ton plus beau sourire.
21h35 Tu danses dans la rue en revenant.
22h00 Tu mets le film, crayon à la main.
00h14 Tu as des ampoules sur le pouce et l'index. Les deux dessins devant toi te font sourire. Les femmes ont des cornes.
00h29 Tu te dis que ta soirée approchais finalement de la perfection. Il y a longtemps que tu n'as pas pris le temps de te retrouver seule sur un divan avec tes crayons. Suffisait d'un samedi soir...
L'après-midi passée à courir donner de l'aide à deux Français fraichement débarquée dans l'appartement de ta soeur qui s'est poussée sur le chemin de Compostelle.
La soirée avec deux options. Soit G. te fait des moules, soit J. t'amène au resto.
Après quelques tentatives (infructueuses) de rejoindre J., tu appelles G. qui te raconte qu'près avoir passée la journée à jouer au frisbee, il est fatigué et s'en allait justement faire une sieste. Bon, il y a des excuses meilleures, non? Tu lui dis que tu te sens abandonnée mais que tu devrais survivre. Tu essaies de nouveau de rejoindre J. Sans réponse. Merde.
18h12 Tu es convaincu que ta soirée sera un échec.
18h24 appel de J. Tu reprends espoir.
18h25 J. t'annonce qu'il est à moitié mort puisqu'il s'est couché à midi, qu'il va faire une sieste et te rapelle plus tard.
18h45 Tu te poses de sérieuses questions sur ton intérêt personnel. Tu sors papier et crayon et tu laisses aller ton imaginaire.
20h14 J. te rappelle pour te dire qu'il va dormir toute la soirée. Tu crayonnes toujours.
20h20 Tu te dis que tu pourrais toujours passer la soirée avec un inconnu.
20h32 Tu renonces à l'idée. Aucune envie de devoir alimenter une conversation sans substance durant une période indéterminée. Tu crayonnes encore.
21h12 Tu sors ( Jupe jeans ultracourte sur jupe légère violette assez longue. Camisole blanche. Chandail vert. Foulards (2) rouges. De teintes différentes.) dans le but de te louer un film.
21h34 Tu traumatises la fille du comptoir avec ton accoutrement. Tu lui sers ton plus beau sourire.
21h35 Tu danses dans la rue en revenant.
22h00 Tu mets le film, crayon à la main.
00h14 Tu as des ampoules sur le pouce et l'index. Les deux dessins devant toi te font sourire. Les femmes ont des cornes.
00h29 Tu te dis que ta soirée approchais finalement de la perfection. Il y a longtemps que tu n'as pas pris le temps de te retrouver seule sur un divan avec tes crayons. Suffisait d'un samedi soir...
mardi 22 août 2006
Lundi nuit
Insomnie facile. Sommeil entrecoupé qui se meuble, se pare de rêves un peu fou qui me laissent en sueur, au bord de l'Abime.
J'ai le corps qui lutte.
J'ai le corps qui lutte.
vendredi 18 août 2006
Jeudi soir
Un chat couché dans le couloir.
La soirée fut belle, comme les autres. J. est toujours aussi drôle, a toujours autant mauvais caractère et me fait toujours me sentir aussi bien. Il arrive des soirs comme celui-ci ou je me demande pourquoi on reste ainsi. Mais je sais bien que s'il fallait que ça devienne sérieux, notre jeu ne durerait pas. Les "mon coeur" et les "sweetie" me tomberaient bien vite sur les nerfs, ses envolées un peu fermées d'esprit me rendraient folle, et... Enfin. La soirée fut magnifique. Et je me considère vraiment très chanceuse de l'avoir comme ami, cet étrange personnage...
Beaucoup de gens disent vouloir vivre à fond leur vie, peu ont le courage de le faire...
La soirée fut belle, comme les autres. J. est toujours aussi drôle, a toujours autant mauvais caractère et me fait toujours me sentir aussi bien. Il arrive des soirs comme celui-ci ou je me demande pourquoi on reste ainsi. Mais je sais bien que s'il fallait que ça devienne sérieux, notre jeu ne durerait pas. Les "mon coeur" et les "sweetie" me tomberaient bien vite sur les nerfs, ses envolées un peu fermées d'esprit me rendraient folle, et... Enfin. La soirée fut magnifique. Et je me considère vraiment très chanceuse de l'avoir comme ami, cet étrange personnage...
Beaucoup de gens disent vouloir vivre à fond leur vie, peu ont le courage de le faire...
dimanche 13 août 2006
mercredi 9 août 2006
Mercredi soir
Du soleil plein la tête. Du sommeil plein les doigts. Des souvenirs qui gigotent dans ma tête, qui joue à cache-cache, qui se virent la tête à l'envers. Une tête qui se cacherait sous une table de cuisine.
lundi 7 août 2006
Samedi soir ou Idées de type B
Le copain de ta meilleure copine est parti faire communion avec la nature pour le week-end, elle s'est déclarée veuve de camping et a décidé qu'il fallait faire la fête. Tu amènes ton sac chez elle avec tous tes trucs, elle habite plus près du centre-ville, tu dormiras là.
Le souper est bien arrosé, vous échangez des potins, fumez des clopes et vous vous préparez ensemble dans la salle de bain comme il y a quelques années, quand vous sortiez ensemble à toutes les fins de semaine.
Quand vous arrivez dans le bar, vous riez en commandant les traditionnels trois shooters et, devant l'air scandalisé du type d'à côté à qui tu as offert d'utiliser son coup pour étaler le sel, tu lèves le coude avant de te sauver profiter de la terasse pour fumer de nouveau quelques clopes.
Au bout de quelques temps (deux ou trois cigarettes, tu ne les as pas respiré alors tu ne les as pas comptées) vous redescendez pour permettre à vos corps de s'exprimer sur une musique qui claque dans la pièce presque vide au départ et qui se remplie peu à peu. Vous étiez seules sur la piste et vous vous retrouvez un peu coincées entre les gens qui bougent.
Tu vas prendre une bouffée d'air au bar et, au type qui te regarde depuis un moment, tu demandes pourquoi il ne danse pas. La réponse vient en anglais.
Il se nomme Steve (Ou Steeve, tu n'as pas demandé et il n'a pas précisé) et au bout d'une heure tu as seulement compris qu'il est américain, qu'il est venu avec 4 potes, qu'il est très drôle, qu'il a des allures un peu punk, un peu rebelles, et qu'il embrasse bien. Tu penses que les shoots ont fait effet et tu te laisses couler dans la soirée.
Vers deux heures, quand les mecs offrent d'aller finir la soirée à leur hôtel, tu penses un court instant que c'est vraiment une idée de type B, mais devant A. qui les trouve aussi très sympathiques et qui t'assure qu'il n'y a pas de problèmes pour son couple, qu'elle restera sage et que tout ira bien, tu sautes.
Vous êtes sept et le taxi ne peut en embarquer que six. Tu ressors donc avec Steve et au moment ou la porte se referme sur A., tu penses que ça aussi, c'est une idée de type B. Mais le deuxième taxi arrive, tu y embarques et en quelques minutes tu retrouves ta copine dans une suite très "bordel de gars". Tu trouves que c'est finalement très drôle.
Alors que A. discute en anglais avec tout le monde, toi, ayant dépassée le stade de boisson ou tu comprends l'anglais pour atterir dans celui ou ça ressemble à du charabia, tu succombes aux yeux du New Yorkais et tu disparais avec lui dans une chambre le temps que ton esprit se taise et que ton corps s'apaise. Il a une copine chez lui, mais il est à Montréal. Tu dis avoir un copain aussi, mais il n'est pas là. L'Américain se révèle être un bon coup.
Vers cinq heures, tu t'endors sur le divan.
À dix heures, tu ouvres les yeux. Des draps blancs, des murs blancs, ou es-tu? Des ronflements. Tu n'es pas seule. En te retournant tu aperçois Steve a moitié nu par dessus le couvre-lit. Tu te tâtes, tu as encore ton haut et ta jupe. Ouf. Tu entends la voix d'A. provenant du salon au moment même ou tu prends conscience du martèlement dans ta tête.
Tu apparais dans l'embrasure, elle se redresse, toujours décemment vêtue. Tu lui indiques ton désir de partir, elle salue Ron avec qui elle était en grande conversation, te glisse deux Advils dans la main et sort avec toi.
En arrivant dans le hall, prenant conscience de ton habillement un peu osé pour un dimanche matin et du regard des touristes en attente d'une chambre ou d'un départ, tu te sens comme dans un film. De type B.
Vous revenez chez elle en discutant. Elle te raconte qu'elle s'est fait plein d'amis, qu'elle a parlé toute la nuit et qu'elle a d'ailleurs appris pourquoi ces cinq New Yorkais étaient de passage à Montréal. Tu hausse un sourcil, curieuse. C'est à ce moment que tu apprends que c'était l'enterrement de vie de garçon de Steve, qui se marie la semaine prochaine. Cheap. Tu jures que tu n'en savais rien. A. te dit qu'elle le sait bien, que c'est à lui de se sentir mal, pas à toi. N'empêche.
Quand A. glisse la clé dans la serrure, elle fait un drôle d'air. En ouvrant la porte, tu comprends. L. est sur le balcon, revenu plutôt de son périple rustique. Oups. Tu prends ton sac et tu t'en vas, préférant ne pas être là quand elle va lui expliquer le déroulement de la soirée. Elle a beau avoir seulement discuté toute la nuit, c'est difficile à croire. Surtout que tu trouves que la phrase " Ne panique pas, ça a l'air pire que c'est..", augure mal.
En sortant de l'immeuble, tu te dis que tout ça était vraiment une série d'idées de type B. Tu as une pensée pour une fiancée qui ne sait pas du tout ce qui s'est passé et tu te dis que tu as été le clou de la soirée d'un enterrement de vie de garçon malgré toi.
Le souper est bien arrosé, vous échangez des potins, fumez des clopes et vous vous préparez ensemble dans la salle de bain comme il y a quelques années, quand vous sortiez ensemble à toutes les fins de semaine.
Quand vous arrivez dans le bar, vous riez en commandant les traditionnels trois shooters et, devant l'air scandalisé du type d'à côté à qui tu as offert d'utiliser son coup pour étaler le sel, tu lèves le coude avant de te sauver profiter de la terasse pour fumer de nouveau quelques clopes.
Au bout de quelques temps (deux ou trois cigarettes, tu ne les as pas respiré alors tu ne les as pas comptées) vous redescendez pour permettre à vos corps de s'exprimer sur une musique qui claque dans la pièce presque vide au départ et qui se remplie peu à peu. Vous étiez seules sur la piste et vous vous retrouvez un peu coincées entre les gens qui bougent.
Tu vas prendre une bouffée d'air au bar et, au type qui te regarde depuis un moment, tu demandes pourquoi il ne danse pas. La réponse vient en anglais.
Il se nomme Steve (Ou Steeve, tu n'as pas demandé et il n'a pas précisé) et au bout d'une heure tu as seulement compris qu'il est américain, qu'il est venu avec 4 potes, qu'il est très drôle, qu'il a des allures un peu punk, un peu rebelles, et qu'il embrasse bien. Tu penses que les shoots ont fait effet et tu te laisses couler dans la soirée.
Vers deux heures, quand les mecs offrent d'aller finir la soirée à leur hôtel, tu penses un court instant que c'est vraiment une idée de type B, mais devant A. qui les trouve aussi très sympathiques et qui t'assure qu'il n'y a pas de problèmes pour son couple, qu'elle restera sage et que tout ira bien, tu sautes.
Vous êtes sept et le taxi ne peut en embarquer que six. Tu ressors donc avec Steve et au moment ou la porte se referme sur A., tu penses que ça aussi, c'est une idée de type B. Mais le deuxième taxi arrive, tu y embarques et en quelques minutes tu retrouves ta copine dans une suite très "bordel de gars". Tu trouves que c'est finalement très drôle.
Alors que A. discute en anglais avec tout le monde, toi, ayant dépassée le stade de boisson ou tu comprends l'anglais pour atterir dans celui ou ça ressemble à du charabia, tu succombes aux yeux du New Yorkais et tu disparais avec lui dans une chambre le temps que ton esprit se taise et que ton corps s'apaise. Il a une copine chez lui, mais il est à Montréal. Tu dis avoir un copain aussi, mais il n'est pas là. L'Américain se révèle être un bon coup.
Vers cinq heures, tu t'endors sur le divan.
À dix heures, tu ouvres les yeux. Des draps blancs, des murs blancs, ou es-tu? Des ronflements. Tu n'es pas seule. En te retournant tu aperçois Steve a moitié nu par dessus le couvre-lit. Tu te tâtes, tu as encore ton haut et ta jupe. Ouf. Tu entends la voix d'A. provenant du salon au moment même ou tu prends conscience du martèlement dans ta tête.
Tu apparais dans l'embrasure, elle se redresse, toujours décemment vêtue. Tu lui indiques ton désir de partir, elle salue Ron avec qui elle était en grande conversation, te glisse deux Advils dans la main et sort avec toi.
En arrivant dans le hall, prenant conscience de ton habillement un peu osé pour un dimanche matin et du regard des touristes en attente d'une chambre ou d'un départ, tu te sens comme dans un film. De type B.
Vous revenez chez elle en discutant. Elle te raconte qu'elle s'est fait plein d'amis, qu'elle a parlé toute la nuit et qu'elle a d'ailleurs appris pourquoi ces cinq New Yorkais étaient de passage à Montréal. Tu hausse un sourcil, curieuse. C'est à ce moment que tu apprends que c'était l'enterrement de vie de garçon de Steve, qui se marie la semaine prochaine. Cheap. Tu jures que tu n'en savais rien. A. te dit qu'elle le sait bien, que c'est à lui de se sentir mal, pas à toi. N'empêche.
Quand A. glisse la clé dans la serrure, elle fait un drôle d'air. En ouvrant la porte, tu comprends. L. est sur le balcon, revenu plutôt de son périple rustique. Oups. Tu prends ton sac et tu t'en vas, préférant ne pas être là quand elle va lui expliquer le déroulement de la soirée. Elle a beau avoir seulement discuté toute la nuit, c'est difficile à croire. Surtout que tu trouves que la phrase " Ne panique pas, ça a l'air pire que c'est..", augure mal.
En sortant de l'immeuble, tu te dis que tout ça était vraiment une série d'idées de type B. Tu as une pensée pour une fiancée qui ne sait pas du tout ce qui s'est passé et tu te dis que tu as été le clou de la soirée d'un enterrement de vie de garçon malgré toi.
samedi 5 août 2006
Vendredi soir
Août est toujours introuvable.
J'ai un plaisir fou à l'imaginer dans les passants que je rencontre. D'Ailleurs au souper le maitre d'hotel aurait fait un Août parfait. Mais je ne lui ai pas dit, j'ai gardé pour moi ce secret en le regardant du coin de l'oeil.
Je suis allée voir mademoiselle P. aujourd'hui. Elle était de fort bonne humeur puisque courtisée par un (horrible) chanteur. À 95 ans, il faut bien savourer la vie...
J'ai un plaisir fou à l'imaginer dans les passants que je rencontre. D'Ailleurs au souper le maitre d'hotel aurait fait un Août parfait. Mais je ne lui ai pas dit, j'ai gardé pour moi ce secret en le regardant du coin de l'oeil.
Je suis allée voir mademoiselle P. aujourd'hui. Elle était de fort bonne humeur puisque courtisée par un (horrible) chanteur. À 95 ans, il faut bien savourer la vie...
mardi 1 août 2006
- It's not your first therapy, is that right?
Ce sont ses yeux qui engendrent la première brise. Des yeux d'un vert intense, presque de la même teinte que le mur derrière, à l'exception que les iris semblent attirer et retenir la lumière.
-En effet.
Et puis son petit sourire, à la limite de l'arrogance. Le petit écriteau sur la porte indiquait Dr. Paterson et elle se demande quel prénom pour bien lui aller.
- Have you been to another therapist in New York?
- Vous faites une enquête sérieuse?
- Of course, not.
- Et puis c'est une information que l'on pourrait qualifier de confidentielle, non?
Un prénom anglais sans doute puisque son accent est le plus british qu'elle ait entendu depuis qu'elle est à New York. Peter? Non... William?
-Certainly.
- Mais pour être franche, j'ai dû en consulter autant que vous avez eu de patients.
Son air ahuri ravive le vent au creux de son ventre. En plus, elle a menti. Elle a sûrement rencontré plus de psychologues que lui de patients.
- Je blaguais.
Sourire. Elle n'a soudain plus aucune envie de se confier.
- Je suis désolée, vraiment, mais...
En se penchant pour ramasser son sac sur le sol elle jette un regard vers le diplôme accroché sur le mur en coin. Aidan. Parfait. Mieux que Paul ou Henry.
- Je crois qu'il va falloir mettre fin à la séance, j'ai soudainement une folle envie de vous embrasser et ça risque de nuire à la thérapie. Alors je vais sortir...
Elle se tourne vers la porte et se détourne, comme poussée par une drôle d'envie.
- ... Et je vais aller m'asseoir sur le banc bleu qui se trouve en face de votre bureau, dans le parc. Celui que l'on aperçoit de votre fenêtre. Donc, je vais m'y asseoir, prendre mon bouquin favori et en lire quelques pages. Je vous dis ça comme ça, juste au cas ou.
Comme elle va franchir la porte, sa voix la retient.
-Do you make this kind of proposition to all your therapist?
Elle lui fait un immense sourire, plongeant ses yeux dans les siens.
- Oh mais, rassurez-vous, vous êtes le premier que j'ai envie d'embrasser aujourd'hui.
Ce sont ses yeux qui engendrent la première brise. Des yeux d'un vert intense, presque de la même teinte que le mur derrière, à l'exception que les iris semblent attirer et retenir la lumière.
-En effet.
Et puis son petit sourire, à la limite de l'arrogance. Le petit écriteau sur la porte indiquait Dr. Paterson et elle se demande quel prénom pour bien lui aller.
- Have you been to another therapist in New York?
- Vous faites une enquête sérieuse?
- Of course, not.
- Et puis c'est une information que l'on pourrait qualifier de confidentielle, non?
Un prénom anglais sans doute puisque son accent est le plus british qu'elle ait entendu depuis qu'elle est à New York. Peter? Non... William?
-Certainly.
- Mais pour être franche, j'ai dû en consulter autant que vous avez eu de patients.
Son air ahuri ravive le vent au creux de son ventre. En plus, elle a menti. Elle a sûrement rencontré plus de psychologues que lui de patients.
- Je blaguais.
Sourire. Elle n'a soudain plus aucune envie de se confier.
- Je suis désolée, vraiment, mais...
En se penchant pour ramasser son sac sur le sol elle jette un regard vers le diplôme accroché sur le mur en coin. Aidan. Parfait. Mieux que Paul ou Henry.
- Je crois qu'il va falloir mettre fin à la séance, j'ai soudainement une folle envie de vous embrasser et ça risque de nuire à la thérapie. Alors je vais sortir...
Elle se tourne vers la porte et se détourne, comme poussée par une drôle d'envie.
- ... Et je vais aller m'asseoir sur le banc bleu qui se trouve en face de votre bureau, dans le parc. Celui que l'on aperçoit de votre fenêtre. Donc, je vais m'y asseoir, prendre mon bouquin favori et en lire quelques pages. Je vous dis ça comme ça, juste au cas ou.
Comme elle va franchir la porte, sa voix la retient.
-Do you make this kind of proposition to all your therapist?
Elle lui fait un immense sourire, plongeant ses yeux dans les siens.
- Oh mais, rassurez-vous, vous êtes le premier que j'ai envie d'embrasser aujourd'hui.
lundi 31 juillet 2006
Lundi
Lundi matin.Très matin.
Tu te dis que la danse d'hier n'était peut-être pas nécessairement une bonne idée, que tu aurais peut-être eu avantage a te garder quelques heures de sommeil de plus en réserve. La journée sera longue, Montréal est couverte de nuages. Tant pis. Il faut toujours assumer les conséquences.
Dernier jour du mois de juillet. Août sera heureux et célibataire.
Tu te dis que la danse d'hier n'était peut-être pas nécessairement une bonne idée, que tu aurais peut-être eu avantage a te garder quelques heures de sommeil de plus en réserve. La journée sera longue, Montréal est couverte de nuages. Tant pis. Il faut toujours assumer les conséquences.
Dernier jour du mois de juillet. Août sera heureux et célibataire.
mercredi 26 juillet 2006
Mercredi soir
Dans mes oreilles...
"...Le vent est si tendre sur midi
tu es septembre sur Paris
je pense à toi, ça fait du bien
toi dans ta ville et moi transibérienne
qui t'aime et qui t'adore
et qui se hait d'aimer si fort
l'amour est comme je le redoutais...
Imparfait
le monde est imparfait
imparfait..."
Du Ariane Moffat à pleine tête alors que mes doigts s'amusent, gigotent sur du papier noir, sur des cadres de glace. Des désirs, des essais, aurai-je jamais le courage de.
"...Le vent est si tendre sur midi
tu es septembre sur Paris
je pense à toi, ça fait du bien
toi dans ta ville et moi transibérienne
qui t'aime et qui t'adore
et qui se hait d'aimer si fort
l'amour est comme je le redoutais...
Imparfait
le monde est imparfait
imparfait..."
Du Ariane Moffat à pleine tête alors que mes doigts s'amusent, gigotent sur du papier noir, sur des cadres de glace. Des désirs, des essais, aurai-je jamais le courage de.
Mardi nuit
Une idée folle.
Celle de mettre toutes ces relations dans un photomaton.
En faire un scrapbook pour coller les morceaux.
Et rire.
Celle de mettre toutes ces relations dans un photomaton.
En faire un scrapbook pour coller les morceaux.
Et rire.
dimanche 23 juillet 2006
samedi 22 juillet 2006
Samedi.
Envie folle de tout foutre en l'air. Pour une fois que je me bats, que je tente de rester, que je résiste à ce vent qui court dans mes veines...
Incapable de le rejoindre. C'est son anniversaire et ses deux téléphones sonnent dans le vide. Comme hier soir alors qu'il m'avait demandé de le rejoindre au centre-ville. Une folle envie de tout foutre en l'air.
Envie folle de tout foutre en l'air. Pour une fois que je me bats, que je tente de rester, que je résiste à ce vent qui court dans mes veines...
Incapable de le rejoindre. C'est son anniversaire et ses deux téléphones sonnent dans le vide. Comme hier soir alors qu'il m'avait demandé de le rejoindre au centre-ville. Une folle envie de tout foutre en l'air.
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