Je n'avais envie de voir personne.
Il y a eu hier, déjà, dans cette fête au bout du monde avec trop d'inconnus où je suis allée chercher au fond de moi-même ces sourires, ces phrases toutes faites, ces conversations à continuer.
Et c'est dimanche.
De ceux où j'ai juste envie d'être sous la couette ou enfermée dans mon bureau, à me balancer dans mon hamac et à lire sans me poser de question. Sans parler à d'autres humains sinon vous.
Mais voilà, il y avait après-midi jeux.
Et ensuite souper en famille.
Je me suis d'abord terrée, mais tu m'as trouvée.
Et j'ai fait une première tentative qui s'est soldée en retraite dans les toilettes. Je ne voulais pas gérer. Je n'en avais pas envie.
Pour une raison que je ne m'explique pas, les gens chez moi font monter le stress à un niveau terrible. Je veux être parfaite. Je veux être cette femme qui reçoit bien que je ne suis pas. Cette femme au foyer qui me fait horreur le reste du temps.
Et aujourd'hui mes envies ne cadraient pas avec ce qu'il me restait de sociabilité.
J'ai fait une deuxième tentative.
Je me suis calée dans un fauteuil, j'ai pris un verre et j'ai décidé de laisser couler.
Et doucement, les muscles se sont dénoués.
J'ai même ri.
Pris du plaisir.
Mais je ne mentirai pas : quand ils sont partis, j'ai poussé un soupir de soulagement. Et je suis allée me cacher dans ma couette imaginaire.
dimanche 12 mai 2019
mardi 30 avril 2019
Ce soir-là, tu n’allais pas bien. Il y avait bien tes bras autour de moi et tes sourires, mais je sentais l’urgence d’engourdir quelque chose au fond de ton ventre.
- Je veux encore un verre avant d’aller dormir.
Je n’ai rien dit mais j’ai noté mentalement le défaut. L’accroc. Je connais ce regard. Cet appel. Je ne le veux pas dans ma vie. Mais comme tu n’y es pas vraiment, comme tu ne t’y glisses que par intermittence, comme tout le reste pèse trop dans la balance, je n’ai rien dit.
Tu as ronflé. Fort. Et je t’ai poussé, mais ça n’a rien changé.
Alors au milieu de la nuit, je me suis levée pour aller dormir plutôt sur le canapé. Dans le noir, incapable de trouver une couverture, j’ai agrippé mon manteau, emprunté une serviette et je me suis construis un nid pour les quelques heures avant le réveil.
Brutal.
Tu as allumé la pleine lumière sans avertissement, j’ai crié, tu as crié.
- Mais qu’est-ce que tu fais là ?
Dans le noir de la chambre, tu as pensé que ton réveil avait été assez subtil pour ne pas me tirer de mes propres songes et tu t’es glissé à pas de loup hors de la pièce. Pensant me laisser dormir.
J’ai ri.
- Ton sens de l’observation est fantastique, vraiment.
J’ai pris ta main et je t’ai ramené sous les draps. Les matins m’appartiennent.
mercredi 4 avril 2018
Je suis désormais encore plus une petite chose fragile.
Je ne sais pas si tu as réalisé qu'en mettant fin à ta vie, en décidant de foncer dans ce mur pour ne plus jamais souffrir, tu as creusé une faille dans le corps de tous ceux qui t'aim(ai)ent.
Une faille permanente. Qu'on peut couvrir de vêtements, de moments de rire, d'assez de bulles pour oublier, mais qui reste là. Qui pulse en moi. Boum. Boum.
Rationnellement, je comprends que ta souffrance devait être tellement grande que tu ne pouvais plus vivre avec.
Émotionnellement, ma colère n'a aucune limite.
Je ne sais pas si tu as réalisé qu'en mettant fin à ta vie, en décidant de foncer dans ce mur pour ne plus jamais souffrir, tu as creusé une faille dans le corps de tous ceux qui t'aim(ai)ent.
Une faille permanente. Qu'on peut couvrir de vêtements, de moments de rire, d'assez de bulles pour oublier, mais qui reste là. Qui pulse en moi. Boum. Boum.
Rationnellement, je comprends que ta souffrance devait être tellement grande que tu ne pouvais plus vivre avec.
Émotionnellement, ma colère n'a aucune limite.
dimanche 25 mars 2018
Il y a une semaine maintenant que la bombe a explosé.
J'attends impatiemment le moment où tu me diras que ce n'est qu'une blague.
Ce matin, mon réflexe a été de vérifier mon téléphone. Parfois, bien saoul, tu m'écrivais à trois heures du matin pour me dire que j'étais la meilleure soeur au monde.
Je me sens seule.
J'attends impatiemment le moment où tu me diras que ce n'est qu'une blague.
Ce matin, mon réflexe a été de vérifier mon téléphone. Parfois, bien saoul, tu m'écrivais à trois heures du matin pour me dire que j'étais la meilleure soeur au monde.
Je me sens seule.
mercredi 21 mars 2018
4.
Déjà.
Tout ça vient par vagues. Il y a des moments où je me sens forte. D'autres où le monde s'écroule. Et d'autres encore où je me trouve dans des situations délirantes que tu aurais adorées.
Comme A. qui appelle des fleuristes parce que je ne sais plus comment nous est venu l'idée qu'un bouquet de fleurs en forme de moustache serait juste parfait pour toi le jour F.
Les gens lui souhaitent leurs sympathies, puis lui demandent le genre de moustache qu'elle souhaite. Et elle qui répond : « Une moustache laide et impressionnante. Il arborait fièrement une très laide moustache. » Et les gens rigolent, puis s'excusent de rire...
Tu aurais ri aussi. Je t'entends encore. Et ça me brise le coeur de savoir que tu ne riras jamais plus avec moi.
Déjà.
Tout ça vient par vagues. Il y a des moments où je me sens forte. D'autres où le monde s'écroule. Et d'autres encore où je me trouve dans des situations délirantes que tu aurais adorées.
Comme A. qui appelle des fleuristes parce que je ne sais plus comment nous est venu l'idée qu'un bouquet de fleurs en forme de moustache serait juste parfait pour toi le jour F.
Les gens lui souhaitent leurs sympathies, puis lui demandent le genre de moustache qu'elle souhaite. Et elle qui répond : « Une moustache laide et impressionnante. Il arborait fièrement une très laide moustache. » Et les gens rigolent, puis s'excusent de rire...
Tu aurais ri aussi. Je t'entends encore. Et ça me brise le coeur de savoir que tu ne riras jamais plus avec moi.
mardi 20 mars 2018
Jour trois.
J'apprivoise les mots.
Décédé.
Corps.
Exposition.
Je hurle en silence.
A. m'a dit : « Je voudrais te dire que ça passe rapidement, mais je ne te mens jamais, tu le sais bien. »
La douleur toujours aussi présente.
La colère aussi. Vague de fond qui revient quand je pense à tout ce que nous n'aurons pas. Ne vivrons pas. Ne partagerons pas.
Seule la vulgarité me donne les mots pour dire ce que je ressens.
La vie est une salope.
Je me répète, mais ça n'a pas d'importance.
J'apprivoise les mots.
Décédé.
Corps.
Exposition.
Je hurle en silence.
A. m'a dit : « Je voudrais te dire que ça passe rapidement, mais je ne te mens jamais, tu le sais bien. »
La douleur toujours aussi présente.
La colère aussi. Vague de fond qui revient quand je pense à tout ce que nous n'aurons pas. Ne vivrons pas. Ne partagerons pas.
Seule la vulgarité me donne les mots pour dire ce que je ressens.
La vie est une salope.
Je me répète, mais ça n'a pas d'importance.
lundi 19 mars 2018
Jour 2 après toi.
J'ai toujours cru que les auteurs exagéraient quand il est question de deuil. Je me rends compte aujourd'hui qu'aucun mot ne pourrait rendre le vide que tu as laissé. Que je passerais six cents pages à décrire des souvenirs, à documenter tout ce qui me rappelle toi dans mon quotidien.
Z. est maintenant la reine des grimaces de la famille et c'est d'une tristesse infinie.
J'ai toujours cru que les auteurs exagéraient quand il est question de deuil. Je me rends compte aujourd'hui qu'aucun mot ne pourrait rendre le vide que tu as laissé. Que je passerais six cents pages à décrire des souvenirs, à documenter tout ce qui me rappelle toi dans mon quotidien.
Z. est maintenant la reine des grimaces de la famille et c'est d'une tristesse infinie.
dimanche 18 mars 2018
La vie est une salope.
Il n'y a pas d'autres mots pour ce vide immense qui s'est créé en moi. Pour cette douleur si hurlante dans chaque muscle de mon corps. Dans chaque cellule de mon coeur. Je ne pensais jamais pouvoir autant pleurer.
J'ai l'air une actrice de série B.
Et je suis en colère...
J'en veux à cet accident de m'avoir volé dix ans de souvenirs avec toi. De ne plus savoir à quoi tu ressemblais quand tu étais bébé. Quand je t'ai appris à lire. Quand tu m'as couru après dans le but de me tuer (anecdote que j'ai toujours trouvé croustillante et qui me semble amère à présent).
J'en veux à notre passion pour notre boulot, de celles qui font qu'on se pousse toujours trop loin.
J'en veux à ceux qui étaient près de toi et qui n'ont pas vu que tu était trop fatigué pour prendre la route.
J'en veux à celui qui m'a dit que tu étais conscient au moment où sont arrivés les secours parce que ça signifie que tu as vu la mort venir et que je n'ai plus que cette image en tête.
Tu étais mon modèle. Tu l'es encore. Tu resteras toujours mon étoile filante.
(Et si tu vois ce texte et que tu me connais sache que je ne veux pas de condoléances. Je veux juste que ce ne soit pas arrivé. Ne m'en parle pas.)
Il n'y a pas d'autres mots pour ce vide immense qui s'est créé en moi. Pour cette douleur si hurlante dans chaque muscle de mon corps. Dans chaque cellule de mon coeur. Je ne pensais jamais pouvoir autant pleurer.
J'ai l'air une actrice de série B.
Et je suis en colère...
J'en veux à cet accident de m'avoir volé dix ans de souvenirs avec toi. De ne plus savoir à quoi tu ressemblais quand tu étais bébé. Quand je t'ai appris à lire. Quand tu m'as couru après dans le but de me tuer (anecdote que j'ai toujours trouvé croustillante et qui me semble amère à présent).
J'en veux à notre passion pour notre boulot, de celles qui font qu'on se pousse toujours trop loin.
J'en veux à ceux qui étaient près de toi et qui n'ont pas vu que tu était trop fatigué pour prendre la route.
J'en veux à celui qui m'a dit que tu étais conscient au moment où sont arrivés les secours parce que ça signifie que tu as vu la mort venir et que je n'ai plus que cette image en tête.
Tu étais mon modèle. Tu l'es encore. Tu resteras toujours mon étoile filante.
(Et si tu vois ce texte et que tu me connais sache que je ne veux pas de condoléances. Je veux juste que ce ne soit pas arrivé. Ne m'en parle pas.)
dimanche 7 janvier 2018
Quatorze jours de vacances. Notre réflexe est de s'étourdir. Sortir, voir des gens, courir partout. Surtout pas trop longtemps à la maison, juste entre nous.
Et puis cette fois il y a eu erreur. Oubli. Nos plans se sont transformés en châteaux de cartes trop facilement soufflés. Et il y a eu ce désert dans l'agenda. Cette traversée qu'on imaginait terrible. Ces tensions qu'on voyait presque se profiler.
Et puis il y a eu juste nous. Des rires. Elles ont vieilli, cette maison est assez grande pour contenir tous nos silences, tous nos besoins de solitude. Pour laisser respirer nos coeurs et nous permettre d'être heureux. Ensemble.
Demain arrive trop vite. On se prend à espérer pouvoir rester encore un peu dans la bulle. Comme quoi...
Et puis cette fois il y a eu erreur. Oubli. Nos plans se sont transformés en châteaux de cartes trop facilement soufflés. Et il y a eu ce désert dans l'agenda. Cette traversée qu'on imaginait terrible. Ces tensions qu'on voyait presque se profiler.
Et puis il y a eu juste nous. Des rires. Elles ont vieilli, cette maison est assez grande pour contenir tous nos silences, tous nos besoins de solitude. Pour laisser respirer nos coeurs et nous permettre d'être heureux. Ensemble.
Demain arrive trop vite. On se prend à espérer pouvoir rester encore un peu dans la bulle. Comme quoi...
samedi 17 décembre 2016
Dix ans.
La rondeur, l’implication de ce chiffre me rendait folle d’avance. On a voulu faire une fête, inviter tous les copains à manger une lasagne anniversaire avec nous et puis on a tout annulé. Il y avait un conflit d’horaire, oui, mais surtout cette peur…
Et puis la vie est passée par là et j’ai oublié d’appréhender cette journée. Ce n’est que sur le coup de 16 heures que j’ai pris conscience de l’anniversaire.
Je t’ai acheté des fleurs (une plante de Noël parce qu’après toutes ces années je ne pouvais décemment pas t’acheter des roses) et tu m’attendais avec une bouteille de champagne.
On a ri, on a passé une belle soirée.
Et on aurait dû laisser de côté les sujets qui fâchent, mais c’est bien mal nous connaitre.
On a fini par se dire qu’à force de toujours s’emporter, de ne pas se comprendre, de s’embrouiller pour des broutilles, on ne se rendrait pas à dix ans de plus. Et pour sceller le pacte, on s’est embrassés.
vendredi 23 septembre 2016
Chacun à notre bout de l'océan, nous nous sommes promis de faire attention cette fois-ci, en souvenir des assiettes brisées, des coups de gueule et des mots lancés sans être pensés.
- Tu seras fatigué d'avoir tout géré pendant plus de deux semaines, tu seras énervé de me voir me répandre dans chaque pièce comme je sais si bien le faire et moi je serai à fleur de peau pour cause de fatigue accumulée, de vol pas confortable, d'heures de sommeil manquantes. Mais nous tenterons d'être de grandes personnes et de rester zen. Ok?
Chacun devant notre écran, nous avons promis et j'ai espéré très fort que tes doigts ne soient pas croisés sous la caméra.
Il y a bien eu la fatigue, les quelques regards énervés et les petits chocs du retour à la vie à deux, mais nous les avons oublié grâce à la chaleur des sourires, des mains qui trainent dans le bas du dos, de l'odeur de l'autre, retrouvée. Et d'heures en heures, nous réapprivoisons la vie à deux. Avant le prochain départ...
- Tu seras fatigué d'avoir tout géré pendant plus de deux semaines, tu seras énervé de me voir me répandre dans chaque pièce comme je sais si bien le faire et moi je serai à fleur de peau pour cause de fatigue accumulée, de vol pas confortable, d'heures de sommeil manquantes. Mais nous tenterons d'être de grandes personnes et de rester zen. Ok?
Chacun devant notre écran, nous avons promis et j'ai espéré très fort que tes doigts ne soient pas croisés sous la caméra.
Il y a bien eu la fatigue, les quelques regards énervés et les petits chocs du retour à la vie à deux, mais nous les avons oublié grâce à la chaleur des sourires, des mains qui trainent dans le bas du dos, de l'odeur de l'autre, retrouvée. Et d'heures en heures, nous réapprivoisons la vie à deux. Avant le prochain départ...
mardi 19 avril 2016
vendredi 11 mars 2016
Ouvrir des bulles pour tout et n'importe quoi.
Parce qu'un jour en visite chez des amis qui ont ouvert le champagne en nous disant que ce n'était pas exceptionnel, qu'ils fréquentaient un petit producteur pas très cher, à trois heures de route, j'ai dit: Moi aussi, un jour, je garderai toujours des bulles dans mon réfrigérateur.
Les ouvrir pour des amis de passage, une bonne nouvelle, une mauvaise journée, une envie soudaine.
Ouvrir des bulles pour tout et n'importe quoi.
Comme ce soir. Ouvrir des bulles pour la vie qui passe, pour les lettres qui arrivent, pour les projets à venir, pour les cris des enfants surexcités, pour les petits pas qu'on fait sur la ligne de nos rêves.
Parce qu'un jour en visite chez des amis qui ont ouvert le champagne en nous disant que ce n'était pas exceptionnel, qu'ils fréquentaient un petit producteur pas très cher, à trois heures de route, j'ai dit: Moi aussi, un jour, je garderai toujours des bulles dans mon réfrigérateur.
Les ouvrir pour des amis de passage, une bonne nouvelle, une mauvaise journée, une envie soudaine.
Ouvrir des bulles pour tout et n'importe quoi.
Comme ce soir. Ouvrir des bulles pour la vie qui passe, pour les lettres qui arrivent, pour les projets à venir, pour les cris des enfants surexcités, pour les petits pas qu'on fait sur la ligne de nos rêves.
dimanche 6 mars 2016
Quitter le début de soirée et les bulles pour reprendre la route jusqu'au restaurant où j'ai laissé mon téléphone. Seule dans le noir de l'habitacle, rejoindre l'autoroute à travers des petites rues sinueuses, des villages inconnus dont les contours sont brouillés par la pluie. Voir Paris 300 km. Hésiter. Suivre le mouvement de la voiture, laissant Paris derrière pour plutôt foncer à la friterie récupérer le téléphone, revenir vers Lui, Z. et C., tous les copains. Mais être rassurée, quelque part, de me rappeler que la Ville Lumière n'est qu'à un coup de volant, qu'à une envie de fuite, de moi. Atteignable.
dimanche 21 février 2016
Bouffée de ville.
Marcher pour aller travailler, surprendre les passants en dansant au rythme de la musique dans mes oreilles, boire du mousseux à la fin de la journée, rentrer par les petites rues, sans avoir peur de se perdre... ou enfin, si, un peu, puisque cette ville n'est pas "la mienne". Merci pour ces quelques jours, Bruxelles.
Marcher pour aller travailler, surprendre les passants en dansant au rythme de la musique dans mes oreilles, boire du mousseux à la fin de la journée, rentrer par les petites rues, sans avoir peur de se perdre... ou enfin, si, un peu, puisque cette ville n'est pas "la mienne". Merci pour ces quelques jours, Bruxelles.
mardi 17 novembre 2015
lundi 16 novembre 2015
lundi 12 octobre 2015
Redessine-toi un peu chaque jour
Sans comparaison
La vie d'avant est partie
Dans le trou de la douche
Dispersée dans les tuyaux
Eau qui coule et qu'on ne peut retenir
Ne reste que la sensation
L'envie de fluidité
À retransposer
Dans le présent
L'ici
Et maintenant
Cet univers en angles
Où tu t'accroches trop souvent
mercredi 17 juin 2015
Cette impression d'urgence alors que le 2 changera pour un 3 dans quelques heures. Ranger les bibliothèques, trier, enlever la poussière. Vouloir se réveiller dans du propre, comme si c'était une nouvelle route.
Il y a dix ans, tu aurais imaginé tout ça? m'a-t-IL demandé au souper.
Jamais. Comment aurais-je? Célibataire endurcie, amoureuse de la ville, sans envie d'enfants, avec des racines que je croyais profonde.
Mais la vie se révèle parfois imprévisible, avec ses vagues fortes qui emportent tout, brisent les digues, font en sorte qu'on se réveille un matin, trentenaire, mariée, mère, campagnarde... Belge.
Et dans dix ans?
lundi 6 avril 2015
Le ventre qui se tord quelques heures avant le départ. Cette valise qui me semble être une montagne trop compliquée à monter, ce désir de rester, de me caler sous les couvertures avec les amours de ma vie, de rester de ce côté-ci de l'océan.
Toujours la même chose. Je suis écartelée entre deux univers sis à 7 heures d'avion de distance...
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