mardi 15 janvier 2008

Une demi-heure avant le chant du réveil, c'est le chat qui sent l'appel et échauffe ses cordes vocales.
J'ouvre un oeil, la tête collée contre le dos de. J'attends. Encore un miaulement. Ce n'est pas un échauffement, c'est un exercice d'endurance. Je serre un peu ma main sur son ventre. Est-il réveillé? J'attends en laissant mes oreilles s'endurcir. Peut-être a-t-il mis des bouchons avant de dormir? Je laisse ma main remonter le long de son torse et glisser jusqu'à l'oreille. Le tympan est libre.
- J'ai compris.
Je relâche la pression de mon corps, il se lève, s'arme de la bouteille d'eau. La course sera longue à travers l'appartement. D'ailleurs je crois que le chat miaule juste pour cela. Le voir courir presque nu, encore endormi, en criant qu'il va le noyer, encore trop pâteux pour avoir un tir précis.
Enfouie sous les couvertures, je pense que la vie est belle.

lundi 14 janvier 2008

Il y a eu un long silence puis il l'a murmuré.
Sans bouger la moindre parcelle de mon corps, je l'ai giflé. Pour tout ce temps où j'avais, quelque part au fond de la tête ou du coeur, peu importe, espéré. Pour ces mois où la distance avait amenuisé l'envie. Pour ce retour qui avait fait presque basculer le navire. Parce que le dire à ce moment là c'était à la fois trop tard et trop dangereux.
J'ai fait semblant de ne pas comprendre, je suis retournée de mon côté du divan et j'ai recommencé à avoir une vie normale.

lundi 17 décembre 2007

Lundi soir
Buté contre un mur ouvert
La fenêtre trop large
L'envie frustrée
Par un corps qui s'échappe
La neige n'aura donc profité qu'aux voitures?

samedi 8 décembre 2007

Une fin de soirée la queue entre les jambes, les mots pris en travers de la gorge.
La désagréable impression d'être passée du côté des adultes ennuyants, de ceux qui jouent entre grands et qui disent aux petits de faire des dessins.

jeudi 6 décembre 2007

Les jours coulent sous la neige, me laissant un peu amorphe, comme endormie sous une énorme couette blanche.
Quelques deux semaines et ce sera les vacances...

samedi 24 novembre 2007

Les journées comme aujourd'hui n'arrivent pas souvent.
C'est le sentiment de malaise dans tout le corps qui est annonciateur. Comme le lendemain d'une fête terrifiante, le coeur qui ballote doucement, la tête qui chavire aux mouvements rapides.
Un sentiment de malaise causé par aucune fête.
Juste l'envie de tout foutre en l'air.
Des journées où même si le monde est parfait, il enferme. Il referme. Il écrase.
Des journées où j'ai envie de lui crier de s'enfuir le plus loin possible pendant vingt-quatre heures parce que je pourrais avouer des choses horribles qui ne se sont peut-être produites qu'en rêve, lancer des assiettes, faire mes valises ou les siennes.

Aujourd'hui est une journée comme cela. La tête dans la musique, j'attends son retour.

jeudi 22 novembre 2007

Peut-être parce que les gens heureux n'ont pas d'histoire.

Ou peut-être parce que mon histoire manque de temps en enfilant les vingt-quatre heures sans s'en rendre compte.

Peut-être aussi parce que les mots me font peur.

Encore.

samedi 29 septembre 2007

L'automne se referme comme une douce couette sur ma solitude. Mon chat orange joue avec les derniers rayons du soleil alors que les mots courrent de mes pensées à mes doigts. Légère odeur d'oignons grillés venant de la porte arrière.

Sous les feuilles mortes, l'Inspiration.

mercredi 26 septembre 2007

Faire de l'insomnie un soir de semaine.

Regarder la pluie tomber de l'autre côté de la vitre, bien installée dans la chaise berçante en osier. Compter les jours. Les nuits qui resteront vides, encore. Dix.
Mariage.

La mariée était vêtue de rouge, le marié d'une paire de jeans. La cérémonie n'a duré que dix minutes, les bagues échangées ne vont pas ensemble, il y a eu beaucoup de rires, du champagne et des souvenirs.

Ce que je les aime mes amis...

mercredi 19 septembre 2007

Il a dit:
Je suis tombé sur cette chanson par hasard, j'ai envie de te la faire entendre, qu'elle t'enveloppe de ses bras comme j'aimerais le faire des miens.

" Je m'imagine encore sur la terre au jour de l'an deux mille cinquante..."

Et je ne lui ai pas dit, mais moi aussi.

mardi 18 septembre 2007

Alors que tout parait si simple, voilà que le temps de quelques semaines, l'on se retrouve de nouveau seule dans la tourmente.
Terminées ses attaches de nuit où contre les cauchemars il y a le corps de l'autre qui protège.
Il faut réapprendre à se calmer seule.
À trouver ses propres solutions, le soir venu, pour affronter demain.

Alors que tout parait si simple, voilà que sans l'autre il faut orchestrer le départ. Je n'ai jamais été musicienne.

vendredi 14 septembre 2007

" Je les entends toujours, qui m'appellent... "

Ils sont deux fois trente-six. Soixante-douze nouvelles paires d'yeux à découvrir, à émerveiller, à emmener là ou la grammaire n'est pas une activité ennuyante.

dimanche 9 septembre 2007

Silence radio.
Grand écart sur le plancher du salon entre paresse et à faire.
Les mots se heurtent aux murs de mon crâne. Ne sort pas qui veut.
Et pourtant...
La vie coule.

samedi 25 août 2007

Apprendre la patience à coup de rebuffades.
Mettre le pied dans l'engrenage et sentir que tout le reste suit, boum.

Entrer dans le monde des grands.

dimanche 19 août 2007

Samedi nuit. Quelques parcelles de désirs enroulées dans un bout de drap.

vendredi 17 août 2007

Préparer un souper romantique surprise.
Aller acheter du vin, rouge de préférence et avec une jolie étiquette.
Remettre l'épicerie à plus tard.
Mettre ses plus jolis sous-vêtements.
Ajuster sa plus belle petite robe.
Remettre l'épicerie à plus tard.
Appeler copain pour vérifier l'heure à laquelle il termine.


Vider la bouteille de vin toute seule.

jeudi 16 août 2007

Se sentir si vulnérable, assise sur cette chaise au dossier de cuir.
N'avoir plus entre les mains que l'espoir, la presque confiance...
L'absence de confiance.
La peur.

Samson avait raison.

dimanche 12 août 2007

Samedi nuit, je cherche le désir sur mon bout d'oreiller.

mercredi 8 août 2007

Rita faisait un drôle de bruit depuis quelques jours.
J'ai commencé par faire semblant de rien, puis j'ai pratiqué l'ignorance intentionnelle avant de simplement mettre la musique dans le tapis.
Mais je n'y pouvais rien, l'anxiété grimpait...

Alors j'ai essayé de faire pitié et de convaincre A. d'amener la malade au garage, mais ses horaires impossibles ainsi que sa forte propension à me pousser dans le vide lui ont permis de résister. Il m'a assuré que "son" garagiste était un gentilhomme et que je n'avais pas à être inquiète.

J’ai résisté encore deux jours mais…Tic.Tic.Tic.

J'avais l'impression d'être assise sur une bombe.

Alors ce matin j'ai pris mon courage à quatre mains et je me suis pointée, terrorisée, au garage du coin.
-Bonjour ma belle !

Il m'a fait bougé ma voiture et m’a amené faire un tour afin de démystifier le bruit. Ce n’est qu’une fois assise sur le siège du passager que je me suis aperçu que le tic régulier provenait de la boite à gants. Quelques disques qui s’entrechoquent…

Le garagiste a en effet été très galant. Il m’a expliqué ce que je devais vérifier avant de m’inquiéter et il n’a pas fait allusion à la boite à gants.

Rouge pivoine, je l’ai remercié et, dignement, j’ai repris la route.

*rire* Honte…

samedi 4 août 2007

Elle m'a regardé bien droit dans les yeux et elle m'a dit:

"Tu n'en trouveras pas deux comme lui. Regarde, juste hier, J. qui t'appelle à deux heures du matin parce qu'il s'endort sur la route et qu'il veut que tu le tiennes éveillé et puis Monsieur M à neuf heures du matin qui t'entraine prendre un déjeuner. Et lui? Tout sourire, il te dit à plus tard et il sera encore là quand tu reviendras. Prends en soin."

jeudi 2 août 2007

Jeudi nuit.
Le temps s'égrène comme les questions dans ma tête. Est-ce que je prends la bonne décision?

mardi 31 juillet 2007

J'ai dit:
Prends ton lundi de congé, amenons quelques bonnes idées et plusieurs besoins d'air.

Nous sommes partis samedi matin, réveillés de force par le cadran et presqu'encore endormis sur la 40. Nous avons mis le cap vers l'inconnu, un vieux journal comme passe-temps et une minuscule glacière comme unique soutient. Quelques pleins plus tard nous sommes arrivés au milieu de nulle part, là où la chambe louée à la dernière minute s'est révélée être une catastrophe amusante. Nous n'avons pas trop réfléchi avant de faire l'amour et de rêvasser le chemin du retour. S'il nous avait fallu 8 heures pour se rendre à destination, il nous en restait 48 pour revenir...

jeudi 26 juillet 2007

Quand il fait chaud, mon chat trouve refuge dans la bibliothèque.
Il se fraie un chemin entre les folios et l'encyclopédie ou encore il envoie Jeanne, la plante verte, au plancher afin de s'étendre en roi et maitre sur le dessus de l'étagère.
Quand il fait chaud, mon chat devient intello.

mercredi 25 juillet 2007

Un autre vingt-quatre poses de perdu.
Clic. Clic.
Je me souviens du haut du pont, d'avoir sentie sous moi cette rivière qui me porte depuis mon enfance et puis...

Un bruit de frein, de la fumée, des gestes saccadés, une panique au ventre.

Cette fois ci il n'y a pas eu d'hôpital, de blessures, de convalescence. Juste une dame descendue de sa voiture pour me demander ce qui s'était passé.

Je ne sais pas, j'ai dit. Parfois, je perds des vingt-quatre poses. Et ça me terrifie.

dimanche 22 juillet 2007

Ça y est.
J'ai dépassé le seuil de la malchance et c'est devenu une malédiction.
Qui a perdu en finale de la coupe du monde des moins de vingt ans?
Les Tchèques puisque je les aime du plus profond de mon coeur et que, soyons sérieux, un joueur argentin du nom de Mercado ce n'est pas sérieux.
Je déparle.

N'empêche qu'ils ont dû se mettre à deux pour m'empêcher d'aller lancer des tomates au cortège de la victoire qui descendait sur la rue juste à côté du parc où je faisais un pique-nique pour oublier la défaite...
Nazdravi...

mardi 17 juillet 2007

Je t'ai vu descendre les escaliers avec tous tes sacs et j'ai senti mes doigts se lancer à ta poursuite. Mais je les ai retenu.

Pas cette fois.

Il y a trop de pièces de casse-tête qui volent dans ma tête. Trop d'élans de passion qui oublient de me jeter dans tes bras. Trop de mais et de si.

Quand je suis rentrée dans l'appartement, Paranthèse s'est mis à miauler. J'ai dit:

Moi aussi, je m'ennuie déjà.

lundi 16 juillet 2007

J'ai dit:

Tu dis que tu ne veux pas aller dormir chez toi pour une simple question de logistique?

Il m'a répondu, dans le noir:

Non. J'ai dit que logistiquement c'est compliqué de remballer toutes mes choses pour pouvoir te laisser faire l'étoile un seul soir par semaine dans ton lit. Mais ce que je pense, c'est que j'adore me réveiller le matin et te voir, toi, tout emfriponnée, me souhaiter bonne journée.

dimanche 15 juillet 2007

Je prends toujours pour ceux qui perdent. Ce n'est pas voulu, c'est inné. Je regarde le nom de équipes, je choisis le plus joli et je perds.
Alors quand l'imbécile assis à côté de moi s'est mis à m'expliquer le pourcentage de chance des équipes, je me suis retenue pour ne pas lui crier que je m'en foutais, moi, du pourcentage, puisque je savais déjà qui allait perdre.
Le Nigéria.
Et voilà.
Quatre-zéro même.

Mais j'ai eu beaucoup de plaisir. Beaucoup. Je n'aurais pas cru qu'il y avait autant de Chiliens à Montréal.

Et dire que je déteste les foules...

vendredi 13 juillet 2007

Quand je suis arrivée, elle m'a accueillie comme une intruse.
Levant son nez, elle a dédaigné me demandé qui j'étais avant de pousser un soupir.
Encore une autre nouvelle.
Elle m'a entrainée dans quelques rayons, empilant à chaque fois des bouquins immenses sur mes bras.
- Voilà, je crois que vous avez tout ce qui est obligatoire.
J'étais un peu découragée. Alors que je prévoyais entrainer les élèves vers des trucs fantastiques, je me ramassais à être aussi ligotée qu'eux. Des romans classiques c'est bien beau, mais s'il n'y a que ça au programme, c'est un peu rébarbatif...
- Et des bandes-dessinées, vous en avez?
Il y a eu comme un lueur dans son regard mais j'ai préféré ne pas y croire. La bilbiothécaire m'a amenée vers un autre rayon, celui-là tout au fond.
- Quel genre de bd voulez-vous?
Et là, miracle. Nous avons échangé des noms, des suggestions et des idées de grandeur et la pile de livres que j'avais déposée sur le coin d'une table n'avait soudainement plus d'importance. Quand je suis ressortie, j'avais une complice, une invitation pour aller visiter une librairie spécialisée et un soulagement dans la tête. Finalement, l'année allait être stimulante...

mercredi 11 juillet 2007

Chevelure.
Ou l'art de détester les coiffeuses.
Trois jours et trois têtes différentes, des heures passées sur des chaises et des appréhensions plein le ventre. Nous sommes mercredi, dans deux heures je passerai de nouveau au scalpel.

lundi 9 juillet 2007

Rapport obsessionnel au temps.

Le temps court, le temps mange l'univers, le temps s'étire.

Je collectionne les horloges en avance, les écrans en retard. Tout est une question de minutes qui se renvoient la balle. Pas de montre. Non. Il faut oublier le temps, un peu.

Quelle heure est-il?

vendredi 6 juillet 2007

Derrière une fenêtre de l'immeuble d'en face, un jeune garçon joue à la guerre avec une reproduction de voilier. Il lui a troué une aile, a fracassé son mat contre la vitre avec un sourire triomphant puis... Panique dans son regard. Et maman, elle va dire quoi?

Derrière ma fenêtre, le calme d'une matinée ensoleillée.

mardi 3 juillet 2007

On a fait une crise au milieu de la rue. On s'est presque laissés tellement on ne savait plus que dire pour s'empêcher de hurler.

On s'est fait quelques reproches, on a pesté contre les efforts à faire, on a oublier les montagnes de promesses.

On est rentrés chacun de notre côté. Moi plus tard, par mille détours dans ma tête comme sous mes pieds. J'ai pris des ruelles pour lui dire de partir, des rues pour me convaincre d'essayer encore.

Quand je suis rentrée, il m'écrivait. Nous n'avons pas dit grand chose, on a tenu le divan comme un bouée et, lentement, on a oublié de s'énerver.

jeudi 28 juin 2007

J'ai dit à A:

Dès que tu arrives, on va au restaurant.

J'ai feuilleté des guides et j'ai fait mon choix. Je ne lui ai rien dit. Il a dû deviner la station de métro, et puis la direction à prendre dans la rue. Je lui ai seulement dit:

C'est la deuxième meilleure sangria en ville.

Il a cherché longtemps et a fini par trouver. Sur la terrasse, nous avons assis notre fatigue et nous avons mangé nos confidences.

lundi 25 juin 2007

Sur le balcon, sans préambules, elle a dit:

"L. et moi, on se marie. Veux-tu être mon témoin ?"

jeudi 21 juin 2007

Une souris dans un éléphant.
Une grenouille dans une théière.
Une salle de cinéma noire comme un réfrigérateur fermé.
Un baiser.

Oh lala... La Galère !

lundi 18 juin 2007

Un inconnu m'a donné rendez-vous au restaurant O'Noir.
Nous avions avertis le personnel que nous ne voulions pas nous croiser et nous avons décalé nos arrivées.
Nous nous sommes salués en aveugles.
Durant une heure trente, il n'y a eu que nos voix qui se touchaient dans l'espace, qui qualifiaient l'autre, qui repéraient les ouvertures et les limites.
Et puis les colis ont été échangés.
Une toile de mon côté, un paquet du sien.
Nous nous sommes dit aurevoir en aveugles.

Dans la rue, j'ai ouvert le paquet qui ne devait contenir que le paiement de la toile. Au milieu d'un tissus, un exemplaire unique du Petit Prince illustré d'aquarelles...
J'aurais voulu avoir des yeux.
Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Boum.

Vingt-deux.

dimanche 17 juin 2007

Un spectacle de cirque aux allures de fresque.
Comment des corps peuvent-il se plier autant?

vendredi 15 juin 2007

Dans les bureaux, l'importance se mesure à la hauteur des talons.

Les commis intermédiaires portent des talons silencieux, de différentes grandeurs selon le poste. Les commis senior ont des talons très bruyants qui doivent faire au moins cinq centimètres, pour la crédibilité.
La grande boss, elle, puisqu'elle n'a rien à prouver, porte des sandales confortables, de cuir verni.

Et moi?
Je n'en ai rien à faire de ma crédibilité. Je porte des gougounes vert fluo...

jeudi 14 juin 2007

Dans le métro, j'ai mis une affiche sur le vitre au-dessus de ma tête.

*Bonjour, je descends à Jarry.
Réveillez-moi à Jean-Talon s'il-vous-plait*

C'est plus sécuritaire...

mercredi 13 juin 2007

Plein de minutes passées dans le transport à commun à imaginer la vie des gens.
Depuis mon premier boulot on dirait que j'ai une tendance naturelle et légèrement autodestructrice à aller vers tout ce qui est le plus loin possible. Une heure de route? Pas assez...

La prochaine fois ce sera quoi, la Gaspésie?

mardi 12 juin 2007

Et voilà, je suis taggé. Prise au piège.
Dois-je réécrire les règlements?
Disons juste que parmis les sept personnes à qui Lilas a renvoyé la balle, il y avait moi...

Sept choses?

...Hum

*Oh lala, ce que c'est difficile...*

Je ne réponds jamais aux chaines de lettres, sauf à celles que m'envoie A. Quand elles viennent d'elle, je m'assure de la lui renvoyer en ajoutant parfois deux ou trois adresses fictives, question d'avoir l'air crédible.

Une fois, tranchedecitrouille@qqch m'a répondu après que je lui ai envoyé une chaine de lettre portant sur la sauvegarde des forêts (Ou était-ce des bélugas?). Nous avons échangé quelques courriels plutôt amusants et nous avons ensuite décidé de nous rencontrer...

Lorsque je me retrouve au milieu d'un groupe de nouvelles personnes, je mets ma cape d'invisibilité, je chantonne des chansons dans ma tête et je cherche le moyen le plus sûr de m'échapper.

Il y a quelques années, mes amis étant tous en couple, j'invitais un inconnu différent à chaque souper que nous organisions. Il y a eu des réussites, mais aussi des fiasco...

Ça fait trois ans que je suis les cours de mon bacc avec les 60 mêmes personnes. 5 connaissent mon nom, les autres parlent de moi comme la fille dans le fond dans le coin qui dessine.

Mes fleurs préférées sont les marguerites. J'ai presque de la peine quand je reçois des roses...

Plusieurs villes du monde sont associées à des hommes. M. pour Orléans, D. ( et T. aussi...) pour Paris, autre D. pour Prague, S. pour Vienne, A. pour Louvain-la-neuve, P. pour Londres...

Comme je suis rarement les règlements. Je ne taggerai donc personne, mais j'avoue que j'ai eu un malin plaisir à écrire tout cela...
Merci Lilas.

dimanche 10 juin 2007

Je suis malade.
Une grippe d'hiver, la deuxième en moins d'un mois, en plein mois de juin.
Sur la piste, les voitures luttent aprement.
Dans mon lit, je regrette mon week-end à la campagne.

mercredi 6 juin 2007

Ce matin, angle St-Denis et Mont-Royal, les plumes tombaient comme des flocons de neige. Peut-être que quelqu'un, quelque part, faisait une bataille d'oreillers près d'une fenêtre...

mardi 5 juin 2007

J'ai joui dans une allée du Jean Coutu.
Mais non, pas littéralement...
C'est juste qu'il y avait ce type qui est passé à côté de moi avec cette odeur...
Ouf.
Ça a duré deux secondes.
C'était meilleur que du chocolat.

lundi 4 juin 2007

Quand tu entres, tu ne prononces pas un mot en me tendant le bouquet de fleurs. D'ailleurs, tu ne me regardes même pas. Moi, je prends les fleurs et je vais à la cuisine pour les mettre dans un vase. Tu claques une première porte. Peut-être celle de l'entrée laissée ouverte. Je hausse les épaules. On se croise dans le corridor mais tes yeux sont fixés droit devant. Ta peau frémit quand mes doigts effleurent ton bras. Tu te dégages et je lève les yeux au ciel. Quand j'enlève mon collier devant le miroir de la chambre, je t'entends claquer les portes des armoires. Je retire ma camisole et mes jeans et, en sous-vêtements, je retourne à la cuisine pour t'enlever ce foutu sac de croustilles des mains. Tu ne résistes pas parce que tu sais. Je vérifie la température du four, je regarde l'heure. Tu t'es posté devant la fenêtre et je hausse de nouveau les épaules. Je retourne àla chambre pour enfiler ma robe bleue. Je sais que tout à l'heure tu seras tout sourire et que, même si je lui jurais, ma mère ne pourrait pas croire que tu me boudes à toutes les fois pendant presque une journée quand je l'invite à souper. Mais je ne lui dirai pas, et tu le sais. je claque la porte de la chambre. Sale hypocrite.

vendredi 1 juin 2007

On se serait cru dans Les douze travaux d'Astérix.
En fait je venait pour passer un test médical pré-emploi. Il d'abord fallu que je trouve l'ascenceur, puis que je monte au 6e avant de trouver le local perdu dans le couloir 6A. Le 6345. Puis j'ai donné ma carte d'assurance maladie et, au bout d'un temps tout relatif, on m'a donné un questionnaire à remplir. Le genre de questionnaire qu'avec ma mémoire en forme de fromage suisse, j'ai beaucoup de difficultés à remplir.
- Avez-vous déjà eu une sinusite? Oui, ça m'est arrivé souvent enfant. Quelle année et à combien de reprise? Quoi?

- Nom, adresse, numéro de téléphone et personne responsable de votre pharmacie. Hum... Le responsable, ça doit être Jean Coutu?

- Et ainsi de suite...

Puis, une fois le questionnaire rempli, la petite dame qui me l'avait donné est disparue dans un corridor avec mes feuilles et une autre gentille personne est venue me chercher pour réviser mes réponses.

- En quelle année la sinusite?
- Je n'en ai aucune idée. J'étais petite, c'est tout ce dont je me souviens avec ma mémoire.
- Qu'est-ce qu'elle a votre mémoire?
- Eh bien elle n'est pas très coopérative suite à un accident.
- Un accident? L'avez-vous mentionné dans le questionnaire?
Eh merde...

Après une interminable révision, elle me reconduisait à la porte quand j'ai eu la mauvaise idée de demander mon chemin pour rentrer chez moi. Elle m'a expliqué qu'elle prenait l'autobus et qu'elle ne savait donc pas, mais come j'allais lui dire que ce n'était pas grave, elle a insisté pour questionner une collègue. Nous sommes sortis du corridor 6A pour descendre un étage et trouver la porte 5342. Le chemin? La dame ne savait pas. Comme j'allais dire que j'allais me débrouiller, les deux gentilles personnes présentes ont convenu qu'il fallait aller voir X. Elles sont parties vers le 3e étage, couloir 3B, porte 3145. Et là, miracle... Il n'y avait personne. Alors qu'elles s'obstinaient sur qui aller voir, j'ai lancé un aurevoir rapide, un merci beaucoup mais ça va aller et je me suis glissée dans les portes de l'ascenceur qui se refermaient.

Le gars devant moi a dû me prendre pour une folle quand des larmes se sont mises à couler tellement je riais...

dimanche 27 mai 2007

Dimanche.
À la table bleue, devant moi, le comité belge. Il est venu seul mais il est les yeux et les oreilles de tous ces amis que je ne connais pas et qui ne me connaisse que par les fragments qu'Il a bien voulu leur donner.
Je suis nerveuse. Première fois que je reçois un ami de Il, mais aussi première fois que je reçois un ami d'un il tout court. Les discussions se suivent et vont dans tous les sens, je tente d'agir en bonne hôtesse mais la nervosité doit être palpable.
À la sortie, à la bise de gauche à droite, il me dit:
Le rapport sera favorable.
Ouf.

jeudi 24 mai 2007

Commentaire du jour: J'adore la clarté des institutions scolaires.
Ou la clarté du lien entre règlements et applicabilité.
Ou de la clarté de la communication entre directeur et directrice.

Enfin, j'adore tout ça, particulièrement quand c'est la suppléante (moi) qui paie.

mercredi 23 mai 2007

Pouf.

Retour deux, trois? Trois ans en arrière. Nous nous sommes rencontrés dans un bar. Je me souviens parfaitement de cette soirée parce que je partais en Thailande une semaine plus tard et que c'était mon aurevoir à la nuit nocturne de Montréal.

F. (Même si à ce moment précis je ne connaissais pas son initiale) jouait au billard. Moi, j'étais au bar. On s'est regardés un peu, timides. Puis il s'est approché et il a dit:
- Je voulais venir te parler mais je n'ai rien d'intelligent à te dire. Voilà.
J'ai rit. Et c'est probablement ce que nous avons fait de toute la soirée. Il m'a reconduite, nous avons échangé nos courriels et puis je suis partie. Loin, loin. Durant tout le voyage, on s'est écrit.

À mon retour, je l'ai rappelé. On s'est revu. Il y a eu des choses compliquées, des belles soirées, même peut-être des projets. Mais il y avait aussi mes peurs, mes fuites, ses douleurs. Ça ne s'est pas très bien terminé.

Et puis deux, trois? Trois ans plus tard, pouf. Ses mots sur mon écran. Je fouillais, fouinais, suivant des liens qui me menaient vers des mots inconnus et d'autres et... Lui.

Le hasard a des drôles de couleurs aujourd'hui...

mardi 22 mai 2007

Clac.Clac.Clac.
Le bruit des gougounes sur les trottoirs ensoleillés de Montréal. J'ai fait le quadrillage de mon quartier. En bas de la rue, des nouveaux voisins. Des voisins qui semblent se lancer dans la vie d'appartement pour la première fois et qui vont même faire leur course en colocataire, par plaisir.
Il y a longtemps...

Et le soir, tard, sur les routes de la ville, je suis un taxi. Pensées pour Pierre-Léon. Elle est si belle cette ville quand elle s'éclaire...
Silence radio.
Ou plutôt non, si quelqu'un pouvait m'enlever la petite mouche qui joue à m'énerver dans l'oreille droite, ce serait silence radio.
Cause: Grippe d'homme.

Il est parti en me disant qu'il allait faire des courses. Je l'ai supplié de me ramener des trucs gelés même si mon estomac refusait tout. Je me suis endormie après son départ si bien que je n'ai pas vu le temps passé et que je ne savais pas s'il était parti depuis cinq minutes ou une heure quand il est revenu.
Dans ses mains, un bouquin.

- Tiens, ça t'aidera peut-être à passer le temps plus vite...

Un homme comme cela, ça n'a pas de prix.

vendredi 18 mai 2007

"Oui, mais moi, je ne sais pas"

3h00 du matin. J'ouvre les yeux. Il fait toujours noir, aucun bruit dans l'appartement. Que mon souffle endormi. Malgré moi mes doigts cherchent la petite machine. Lumière. Aucun message. Je me traite d'idiote. Quelle école appellerait au milieu de la nuit?

4h23 du matin. Je me réveille en sursaut, il me semble que de la lumière filtre. Est-ce le matin? Je me retourne vers le réveil. Mais non. Je jette un coup d'oeil à la petite machine mais je n'y touche même pas. Je replonge dans l'oreiller.

4h27 du matin. J'ai entendu une vibration?

5h46 du matin. La journée s'annonce grise. Je me tourne. Retourne. Encore. Je prends la petite machine et appuie sur le bouton de la lumière. Aucun message.

7h23 du matin. De l'autre côté de la porte close, des gens bougent, vaquent à leurs activités du matin. En rentrant du boulot vers minuit j'ai laissé un mot disant de ne pas me réveiller. Alors, rendors-toi idiote, il te reste au moins une heure.

7h32 du matin.
7h56 du matin.
8h11 du matin. Ça y est, je suis sur le qui-vive. C'est l'heure à laquelle ça commence. Je prends mon bidule. Mais non, j'ai déjà des périodes, il n'appelleront pas. Mais... Mais non, je vais avoir un avant-midi de congé et je vais pouvoir en profiter pour dormir. Dormir.

8h15 du matin. Bon, ça ne sonne pas. C'est bon signe, je vais pouvoir me reposer. Je vais pouvoir en profiter pour dormir et pour ne penser à rien. Quels groupes cet après-midi? Je remplace qui déjà? Ah oui, je pourrais...

8h24 du matin. Ça y est, ils n'appelleront plus. Je peux me rendormir. Ouf. J'ai congé. Ouf. Hum... Tourne. Retourne. Tourne.

8h34 du matin. Ça y est, je ne m'endors plus.

Et après je me demande pourquoi je me sens toujours fatiguée...

mercredi 16 mai 2007

Stationnement sur Décarrie. Sur le trottoir de droite, un type roule à une vitesse folle. Je m'assoierais bien sur le toit de ma vieille bagnole pour prendre le soleil.

Au cours de la journée j'ai confisqué des ciseaux dans le but d'éviter un homicide involontaire mais j'ai oublié de les rendre. Faudrait-il que je coupe enfin les tissus-pas-encore-achetés qui serviront à recouvrir mes divans roses?

Retour à la ville. Les divans sont recouverts de boites chez A. Une ou deux bières je ne sais plus. Vivement la maison que j'ouvre une bouteille de rouge.

samedi 12 mai 2007

J'ai oublié l'endroit où j'ai rangé mes crayons. Ça devrait être la catastrophe, mais je m'en fous. Éperduement. Je n'ai plus aucune envie de dessiner. Les femmes se sont envolées de mon esprit avec leurs parapluies et leur gros ventre. Ne reste plus que le vide. Même les fleurs sont parties.
Demain, pour la fête des mères, j'achèterai des cartes à la pharmacie.

Je n'aime pas Réjean Ducharme.

vendredi 11 mai 2007

Conversation dans un bain.
Enfin, disons que Poisson était dans le bain et que je tentais tant bien que mal de le laver sans me faire tremper.

- Je t'aime juste un peu.
- Ah oui?
- J'aime mon frère beaucoup, parce que c'est mon frère et qu'un frère doit aimer son frère, mais toi, je t'aime juste un peu.
- Ah bon. Et juste un peu ça veut dire comment?
- Gros comme le ciel.

J'ai sourit. Le ciel? Ça me va parfaitement...

mercredi 9 mai 2007

Je les aurais étripés.
En fait, pour être plus franche, j'en aurais lancé quelques uns par la fenêtre et j'aurais laissé les autres avoir peur avant de reprendre le travail comme si de rien n'était.
À quel page êtes-vous rendus?

mardi 8 mai 2007

Entre ma porte et la sienne, six rues.
Entre chez moi et chez A., trois stations de métro et environ huit minutes de marche par temps ensoleillé. Douze minutes s'il pleut.
Entre mon appartement et le prochain de ma coloc, trois rues que son copain fait en neuf minutes à pied, qu'elle fait en cinq minutes en vélo et que je fais, un peu au hasard, en beaucoup plus de temps.
Entre mon monde et le boulot, quarante-cinq minutes de traffic ou vingt-cinq minutes de liberté.

Sur le trottoir, une petite fille déguisée en Blanche-Neige qui joue à saute-mouton.

lundi 7 mai 2007

"Et mon sort traine encore ce soir au café Lézard..."

Plein soleil sous le puit de lumière du salon. Dans l'appartement, branle-bas de combat. Des roues un peu partout, une nouvelle bibliothèque dans la cuisine, deux tables, des meubles qui partent et d'autres qui reviennent. Je pense à hypothéquer mon espace pour dormir afin de faire entrer la sécheuse.

vendredi 4 mai 2007

Sur le revers de ma porte de garde-robe, sous les vestes et les multiples chandails, deux feuilles. Une liste "Happy to do" que nous avons construite un soir bien arrosé à la lumière de nos envies.

Faire un barbecue en Toscane.

Dire à Jules qu'il est la 8e merveille du monde.

...

Il m'a dit:
Quand on s'engueule et qu'on a soudainement envie de tout foutre en l'air, je pense à cette liste et je me dis que je ne voudrais faire cela avec personne d'autre.

lundi 30 avril 2007

Ça fait trois ans que je me demande quoi faire avec cet affreux bas de mur en faux stuco étalé beige sale. Trois ans que je me questionne. Rouge ? Bleu? Vert ? Imitation de brique ? Et puis avec la saison des déménagements et la peinture à faire un peu partout, je me suis dit: Pourquoi pas blanc?
Bon, ça va rester une moitié de mur en faux stuco étalé, mais au moins elle sera de la même couleur que l'autre moitié, non?

Et bien peindre du relief mal fait, c'est très difficile.
Une chance que je me suis réconciliée avec Lui...

dimanche 29 avril 2007

On a rit toute la journée. Malgré le temps gris et malgré la foule monstrueuse au magasin. On a fait la fête en peinturant des murs à n'en plus finir et en trouvant mille et une façon de se casser le dos sur des étagères-à-monter-au-troisième-étage. On a eu du plaisir alors qu'on aurait pu se faire la gueule.

Et ce soir, pour rien, après s'être dit des bêtises et avoir rigolé jusqu'à en avoir mal au ventre, on s'est engueulé pour une question de vaisselle. On s'est engueulé tellement fort qu'il a claqué la porte pour la première fois et que je n'ai pas su trouver les mots pour briser le silence. On s'est engueulé parce que nous ne faisons pas la vaisselle de la même façon.

Je visite les charmes très très discrets du quotidien.

jeudi 26 avril 2007

Neuf paires d'yeux dans une salle vide. Plus une. La mienne.

On se regarde, ils me jaugent. Ils sont punis et pourtant c'est moi qui a l'impression de l'être. L'heure à passer est longue, les secondes retiennent leur souffle trop longtemps. Ils m'observent toujours et je tente d'appliquer ma méchanceté impitoyable à tous mes traits. Je me crois presque.

Dans l'air, un je-ne-sais-quoi inexplicable qui sent la sangria...
Vivement la cloche.

mardi 24 avril 2007

Sur la terrasse ensoleillée, quoique assez froide, d'un restaurant rue Laurier, trois gars en grande conversation. Sur le trottoir, une très vieille dame habillée pour une grande soirée apprend à faire de la bicyclette. Dans ma main, tout le bonheur du monde.

J'ai enfin appris à être méchante.

lundi 23 avril 2007

Il me l'a donné comme ça. Début décembre, dans un bar, assis au comptoir, juste comme j'arrivais.

"Tiens, ton cadeau de Noël. Et regarde-le bien parce que c'est le seul que je donne cette année."

Le disque n'était pas emballé. Un groupe obscur, supposément découvert la veille dans une salle un peu miteuse en banlieue nord. J'ai voulu le remercier, mais à son air j'ai compris qu'il valait mieux pas. Quelques semaines après, nous ne nous parlions plus.

Et aujourd'hui, parce qu'il y avait longtemps et que j'avais envie, j'ai glissé le disque dans mon voiture.

"Je t'aime plus fort qu'autrefois
Parce qu'il ne me reste que des souvenirs de toi"

dimanche 22 avril 2007

On a dit:
Sortez l'Intello en vous. Habillez-le, donnez-lui un accent si ça vous chante. Venez pour vingt heures, apportez du vin et du fromage. Oh oui, et votre bonne humeur.

Dans notre salon, Kierkegaard a joué les parfaites maitresses de maison, Einstein a remonté ses bas sur ses pantalons, Simone de Beauvoir a pris l'accent du plateau version Edgar Hypertaverne, Suzuki a sorti sa nouvelle coupe de cheveux et... le reste?
Que du bon vin, des fromages à profusion, quelques éclats de rire lancés et quelques accents perdus au fil des conversations décousues.
Du plaisir?
À la pelle...

vendredi 20 avril 2007

Il y avait longtemps.
Il y a eu des obligations loin de la ville et quelques repos. Et puis, le retour...

Moments de pur bonheur. J'ai laissé mes chaussures de grande personne sur le bord de la porte et Pilote, Poisson et moi avons été joué dans la ruelle sous le soleil qui n'en finissait plus de nous faire du bien. On a couru, ils sont parfois tombés avec le sourire, on a lancé notre bonne humeur dans les airs et on l'a rattrapée, épuisés, juste à temps pour l'heure du bain.

Plus tard, j'ai raconté une histoire de lézards à Pilote comme c'est la coutume, puis j'ai endormi Poisson en lui effleurant le dos du revers de ma main.

En repartant, j'ai remis mes chaussures de grande personne. Elles me semblaient soudainement moins petites...

mardi 17 avril 2007

Une mélodie plein la tête, des envies de fuite à dos de valise itinérante.
Je t'imagine dans cette rue qui est la notre, le sourire aux lèvres et ta main pendante, m'attendant.
Faut-il que l'on se cherche pour se perdre...
Je me perds. Tranquillement, je fonds. Plus que la peau sur les os. Je regarde derrière et trouve des morceaux de moi accrochés aux jours passés. Qu'aie-je fait pour qu'ils se détachent?

lundi 16 avril 2007

"De nulle part arrive souvent..."

J'ai une folle envie de me raser la tête. Le syndrome de la page blanche et des mots obligés qui refusent de se plier. Je suis désolée, je retourne au miroir.

dimanche 15 avril 2007

Un moment soudain, un je-ne-sais quoi de tristesse qui m'a traversé. Derrière la pluie qui se changeait tranquillement en neige, je ne pensais qu'à cette phrase, dite et répétée, un peu plus tôt. Piquée à Larcenet.

"Tout est mieux avec toi que sans"

samedi 14 avril 2007

" Bonjour, j'appelais seulement pour savoir comment tu allais, comment tu te sentais, de nouveau dans tes choses, dans ton monde... J'imagine que tu es partie courir pour laisser tes pieds refaire connaissance avec le quartier... Ici la journée est passée très vite, je n'ai pas eu le temps avant mais... Je voulais te dire que je pense à toi, simplement. À bientôt."

jeudi 12 avril 2007

"If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world"

De la neige de l'autre côté de la fenêtre.
Je ne bouge plus, prise dehors, parmi les flocons qui se font immenses. Les yeux devant moi ne comprennent pas trop. Ils n'osent pas. Une gorge se râcle, je reviens. Ah oui, les feuilles.

J'ai enfin apprivoisé la machine à café.

mercredi 11 avril 2007

J'ai envie de peindre le mur de la cuisine en rouge.
D'ouvrir toutes grandes les fenêtres et de m'y glisser la tête pour savourer le soleil.
De sortir mon vélo.
J'ai envie de toi sur mon balcon.
De sortir tout le contenu des armoires pour le grand ménage.
De rappatrier ma bibliothèque.
J'ai envie de crème glacée à la vanille trempée dans le chocolat.
De rendre visite à M.
De dormir dans mon hamac.

Et demain? Demains ils annoncent de la neige...
Ça aurait été comme dans un film.
Le matin, nous nous sommes levés heureux, nous avons fait nos bagages, nous nous sommes séparés aux voitures avec un sourire, quelques baisers.
Nos voitures se sont suivies un moment, nous avons fait des grimaces dans les rétroviseurs et nous nous sommes dits, chacun de notre côté, que nous étions vraiment bien.
Il a pris le nord et j'ai pris le sud.

Quelques minutes plus tard, un bruit terrifiant de freins. Dans mon rétroviseur, une voiture verte qui venait de se faire écraser contre le parapet par un mastodonte, le genre impossible à éviter. Sur le volant, mes mains se sont mises à trembler en voyant la voiture plier comme un jouet.

Trente secondes auparavant, c'est moi qui dépassais le camion.

lundi 9 avril 2007

Sur le mur du traversier, une affiche.

13 ans
1 conjoint
44 bouderies

Je ne passe pas de commentaires, de toute façon aucun ne ferait. Nous, c'est quelques semaines, quelques fidélités et un nombre incalculable de bouderies.

samedi 7 avril 2007

Ce matin, plus sommeil.
Dans la baignoire, qelques traces de sang témoignent de mes coupures. Je n'étais pas attentive.

jeudi 5 avril 2007

Je vis entre des appartements. Deux lits, parfois trois, des clés à profusion.
Je me réveille au matin l'esprit un peu embrumé, les murs sans souvenirs.
Il me faut quelques tours pour prendre conscience de la chambre où je suis, de la largeur du lit, de la présence ou non de l'autre.
Je vis entre mes valises.
La bleue pour partir, la verte pour revenir. Entre elles, des sacs de linge à laver ou prêt-à-porter, des feuilles volantes qui se perdent dans des coffres arrières.
J'essaie de ne pas les perdre, mais elles se sauvent comme les parapluies.


"La fin de l'homme ne sera pas la fin du monde.."

mardi 3 avril 2007

Mon copain dit que je ne suis pas vraiment une mauvaise cuisinière mais que c'est plutôt la cuisine qui a décidé de ne pas vouloir de moi. Il ajoute qu'au moment où je parviens à déjouer la vigilance de mon ennemie, ce sont les éléments qui prennent la relève pour lui éviter de perdre la face.

Inutile de me parler de ma version flambée du gâteau des anges.

dimanche 1 avril 2007

J'aurais voulu prendre une photographie.

J'aurais voulu prendre une photographie avec un polaroid, y inscrire la date et la coller dans un grand cartable où je pourrais réunir quelques moments de bonheur.

C'est une soirée qui ne se décrit pas, une suite de petits moments magiques qui ont déferlé sans prévenir. Le type de la table à côté et son jeu de cartes nommé Robert. Les questions incongrues de F.La fête d'un inconnu et les bises échangés pour le plaisir. Le sourire de Il. Le premier pichet de Sangria pour lancer la saison chaude. Les mots chuchotés entre filles. Le quatrième pichet. Le départ un peu tournant, un peu hilarant. La danse dans le métro. La course effrénée dans les marches. Le lit en pleine lumière. Le message de A sur le répondeur qui nous signale qu'elle est bien rentrée. Les corps qui s'emmêlent presque sauvagement. L'O.

J'aurais voulu prendre une photographie et la regarder plus tard, bien plus tard quand j'aurai oublié, ne serait-ce que pour me rappeler qu'il ne faut pas grand chose pour être heureuse.

mercredi 28 mars 2007

Sur les terrasses, des gens vêtus de leur plus beau foulard qui profitent des premiers rayons un peu chaud. Je les envie. Dans ma vieille bagnole qui avance pouce par pouce, prisonnière du traffic, je peste. Je me ronge un peu les ongles, je change le poste de radio, j'échappe le disque de Dumas sous mon siège, je cale en voulant repartir trop vite. Sur les terrasses, les gens ont l'air heureux, plein soleil. Je devrais l'être aussi, heureuse, mais je n'y arrive pas. Je n'ai qu'une seule pensée en tête. Quand il arrivera, je laisserai la porte du vestibule fermée et je lui demanderai: M'aimes-tu seulement pour mes cheveux?

Je hais les coiffeurs.

mardi 27 mars 2007

"Bad day
Lookin for a way, home...
Lookin for the great escape"

Dimanche, je me suis enfin décidée à aller chez toi. J'aurais dû le faire avant, je sais, mais un je ne sais quoi m'en empêchait. Ton appartement te ressemble. Même après tous ces jours sans toi, il te respire. Je t'ai cherché dans les pièces mais je n'y ai trouvé que les traces de ton départ fracassant. J'ai arrosé tes plantes, je les ai même peut-être noyées tellement j'ai voulu bien faire. Je n'ai touché à rien d'autre, ni à ton réfrigérateur qui doit moisir, ni à ton répondeur qui clignotait. Ce n'est pas de mes affaires. On se ressemble là-dessus.
Reviendras-tu?
En me promenant dans les pièces je me suis dit que ce départ était peut-être le bon et j'ai eu un peu peur. Est-ce qu'en ouvrant ses ailes ton père t'a redonné envie de tes racines?

lundi 26 mars 2007

"Fixer le temps, un point à l'horizon ..."

Des secondes qui s'égrènent, tic-tac, laissant des rides sur mes sourires. Les minutes qui s'étirent, tic-tac, paresseuses sous la pluie.

Par la fenêtre, les heures refusent de passer.

vendredi 23 mars 2007

Formons un cirque.
Je serai funambule et tu seras mon clown. Si tu veux, je te dessine des cheveux bleus et d'autres verts, je te peins un nez rouge et un sourire immense. Moi, je glisserai mon corps dans une robe de nuit et je ferai celle qui rêve sur un fil.
Si j'ai peur de tomber? Ça n'entre même pas en ligne de compte. Depuis quand les artistes du cirque se soucient de tomber? Mais de toute façon, j'ai pensé à tout. Si je tombe, tu me rattraperas.
Dis, tu me rattraperas, hein?

mercredi 21 mars 2007

Je ne sais plus ce qui se passe.
Ou plutôt je sais mais je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Trois mois.
Le temps d'une saison ou d'une courte vie, le temps d'un amour.
Qui s'égrène...
Ou pas.
Je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Pas cette fois, s'il vous plait...

mardi 20 mars 2007

"Je cueille des iris qui fanent"
Lilas

La tête pleine
oubliée
Dans un quelque part lointain
oublié
Lui aussi.

dimanche 18 mars 2007

Il a dit:
Je te promets que je ne travaillerai pas ce week-end.
J'ai fait la sourde oreille. Deux fois déjà que nos châteaux de sable s'effondraient, je n'avais aucune envie de voir de nouveau le sable couler entre mes doigts. Je lui ai dit oui, oui je te crois... et, en silence, je me suis convaincue qu'il allait travailler. Je me suis dit au pire j'avais raison, au mieux c'est une jolie surprise que de le trouver libre. Devant mon refus à faire des plans, il a vite compris mon stratagème.
Il a dit:
J'aimerais que tu me fasses plus confiance.
Je lui ai dit oui, oui je te fais confiance et je l'ai laissé construire tout seul notre château de sable en donnant quelques fois un coup de pelle pour donner le change. Mais, en silence, je me construisais mon propre palais. Un palais un peu rose, un peu vide, un peu pour passer le temps.
Vendredi, il a dit:
Je suis libre.
J'ai dit oui, oui, je savais bien... et puis, tout à coup, j'ai pris conscience des mots qu'il venait de prononcer. J'ai pris ma pelle et je lui ai tendu la sienne. Ensemble, nous avons construit un pont entre nos appartements royaux.

jeudi 15 mars 2007

J'ai la page blanche et les journées trop occupées pour penser.
Faut-il être rendu aveugle pour oublier de sentir le temps qui s'échappe...

dimanche 11 mars 2007

Je t'ai vu dans la rue.
Je sais que c'était toi, je t'ai reconnu à ta démarche un peu particulière, à ton manteau, celui qu'on a acheté ensemble, te rappelles-tu...
J'ai pensé crier ton nom. Je l'ai pensé très fort et puis je n'ai rien dit.
Je t'ai suivi un peu, presque par envie, presque parce que c'était aussi mon chemin. Tu traversais des rues avec ta main gauche qui pendait, seule. J'avais envie de courir te rejoindre, de glisser ma main dans la tienne, d'oublier les mois qui ont entrecoupés nos baisers. J'ai eu envie très fort et puis je n'ai rien fait.
Devant le 802, je t'ai laissé à ton futur et j'ai remis notre passé dans un tiroir de ma mémoire. J'étais à destination et pas toi.

samedi 10 mars 2007

Parfois il s'agit d'un jeu de téléphones malchanceux. Une suite de coïncidences qui joue contre nous.

"- Tu ne m'as pas rappelée!
- Quoi? C'est moi qui a laissé un message sur ton répondeur aujourd'hui.
- Tu n'as pas eu mon message? J'ai rappelé pendant que tu dormais, c'est ta coloc qui a pris le message."

Merde. Dire qu'on aurait pu aller souper.

"- Je suis désolé, j'ai voulu t'avertir que j'arriverais en retard, mais quand j'ai appelé la ligne était occupée.
- Oui et bien tu aurais pu essayer un peu plus tard..."

jeudi 8 mars 2007

Alors que la ville dort et que même le chat oublie de bouger, une petite voix dans ma tête.
J'ai peur...

mercredi 7 mars 2007

Devant moi, le métro est bondé. Je me faufile entre les passagers, tentant tant bien que mal de n'en accrocher aucun. Au fond du wagon, un vieil homme tente de faire entrer un journal dans le sac qu'il a posé sur le banc de libre, à coté de lui.
-Un instant mademoiselle, je vous laisse le banc.
Je souris, fais signe que ce n'est pas grave. L'homme se dépêche, reprend son sac. Je lui dis merci, m'assois. Les stations passent, filent. À la mienne, lorsque les portes s'ouvrent, je me retourne pour lui souhaiter une belle fin de journée.
- Bonne soirée à vous aussi, mademoiselle.
Et c'est drôle, ça sonnait comme une bénédiction...

mardi 6 mars 2007

Dans le froid terrifiant, je suis sortie pour lui faire une surprise.
Du coin de la rue, j'ai posé des flèches sur le sol. Des bleues, des jaunes et des vertes que j'ai fait tenir avec des briques, du ruban adhésif, des bacs à recyclage. Des flèches jusqu'au balcon de mon voisin consentant. Dans sa boite aux lettres, ma clé.
Des flèches jusqu'à mon balcon.
De l'autre côté de la porte, une affiche contre le mur.
Trouve-moi.
Je l'ai entendu retirer son manteau, pester contre le froid frigorifiant, m'appeler. Dans le placard, je n'ai rien dit.
Des flèches encore, de l'entrée jusqu'au fond de la cuisine, menant jusqu'à un vase. Vide. En haut, une autre affiche.
Tu ne m'as pas encore trouvée?
Je l'ai entendu me chercher dans la salle de bain, dans le lit, dans mon garde-robe. Mais le chat s'est tanné de nos jeux d'adolescents et il m'a vendue, se jetant contre la porte de mon placard.
Je t'ai trouvé !
Quand il a ouvert la porte, je lui tendais les trois branches de bambous qu'il me demandait depuis des mois.
Un, deux, toi.

lundi 5 mars 2007

Dans la maison bleue, les escaliers forment une suite de marches entrecoupée d'espaces vides. Il est tard, il y a longtemps que je devrais être au lit. Sur mon ventre, je serre mon petit lapin en peluche. Chut, on ne devrait pas être ici. De l'autre côté de la fenêtre créée par les marches, ils s'embrassent. Je ne sais pas trop pourquoi, mais confusément j'ai l'impression que ça ne va pas. Que l'image n'est pas bonne. Que la femme ne devrait pas être là. Je remonte les marches. Sur la pointe des pieds. Je retourne dans mon lit. Dans cette chambre qui me fait si peur à cause de la trappe dans le plafond. Doucement, j'enfonce mes ongles dans mes paumes et, quand la douleur est assez forte, je commence à pleurer.

samedi 3 mars 2007

J'ai appelé ma mère de la gare, empêtrée dans mes bagages, frigorifiée sur le quai extérieur.
J'ai dit:
Je pars.

Il y a eu un silence. Dans ma tête, j'ai refait le pour et le contre, j'ai de nouveau balancé la liste des négatifs derrière mon dos et j'ai poursuivi:
Je te promets que je vais revenir.

Au bout du téléphone, je l'ai serrée dans mes bras comme je pouvais. Je n'avais aue cela à lui offrir, une vérité un peu flou, sans date fixe. Le bruit s'est amplifié à ma gauche, je lui ai murmuré que je l'aimais, j'ai raccroché et j'ai pris une grande inspiration.
Dans ma tête, j'ai soufflé:
Attends-moi, j'arrive.

jeudi 1 mars 2007

On s'est retrouvés à l'endroit habituel. Il y avait longtemps. J'avais oublié qu'il mettait toujours un temps fou à arriver. J'ai attendu à l'abri d'une bouche d'air chaud et ça a prit une éternité et demi je crois avant que je l'aperçoive traverser la rue. J'ai poussé la porte pour le rejoindre et nous avons éviter de nous faire la bise pour ne pas risquer de se tromper.

On a remonté la rue Saint-Denis vers notre restaurant préféré mais on s'est arrêtés en chemin, dans un nouveau vietnamien. Changer d'habitudes. On n'avait encore presque rien dit si ce n'est des banalités, on s'apprivoisait avec la distance.

Après avoir commenté la carte et la décoration, il a bien fallu combler le silence avec autre chose que nos conneries. On a parlé de l'autre, Mon Copain. Ma déclaration n'était donc pas passé inaperçue. Il me la renvoyait en pleine figure, voulait avoir des détails. Sitôt que je parlais, il disséquait cet autre qui m'avait pris entre temps. Entre lui et moi. Du temps.

Il a dit:
- Ça veut dire que je dois me trouver une autre promise.
Je n'ai pas compris.
- Rappelle-toi, on a fait comme dans ton film de filles préféré. On s'est promis que si j'atteignais trente ans sans trouver une femme, on se mariait.

J'ai fait dévier le sujet. Vers sa vie à lui, ses conquêtes. Nombreuses. Il m'a raconté des détails croustillants, m'a fait rire avec son cynisme. Le temps à filé. En sortant du restaurant, on a évité le cinéma pour ne pas se retrouver l'un à côté dans le noir. Il m'a reconduit.

Devant ma porte, on a eu un moment d'hésitation. Et puis tant pis, on s'est fait la bise, le temps de partager nos odeurs. Et surprise... On ne s'es pas trompé. Il n'y a eu ni papillons, ni baisers volés. Quand j'ai claqué la portière, nous avions enfin trouvé. L'amitié ou presque.
Des effluves de printemps.
Dans mon quartier il y a des étudiants qui s'assoient en plein soleil sur leur balcon vêtus de leur manteau d'hiver pour étudier. Dans mon métro il y a de très vieilles femmes qui sortent leur chapeau à plumes pour émoustiller les plus jeunes. Dans mon appartement il y a une colocataire qui pensent déjà à ce qu'elle fera bientôt pousser sur son balcon. Dans ma future vieille bagnole il y a un tournesol accroché au rétroviseur.

Quoi, une tempête prévue pour demain? Ouf, moi qui vient de retrouver mes pantalons de neige perdus au fond d'un carton...

lundi 26 février 2007

Il est arrivé sans bruit et il s'est glissé dans la foule des invités. J'étais au bar, profitant d'un moment de répit. Il m'a tapé sur l'épaule. Quand je me suis retournée, tout son être m'a percuté. Lui.
" Je voulais te faire une surprise."
On a presque rien dit. Il a fait le tour pendant que je me suis libérée de ma conversation. J'ai foncé vers le vestiaire, pris le premier veston qui m'est tombé sous la main et je l'ai rejoint sous un dessin.
" Dehors, c'est mieux."
Je ne voulais personne autour de nous quand les trois mois de silence s'évanouiraient. Nous avons dit des banalités alors que je tremblais de froid. Il a offert de me prêter son manteau mais j'ai refusé de me retrouver de nouveau dans ses choses. Le temps passe. J'ai dit:
"Tu m'as manqué, idiot."
Il m'a serré dans ses bras et j'ai fermé les yeux, envahie par son odeur si particulière, si familière, si enivrante. Je me suis lentement reculée, j'ai repris mon équilibre. Derrière la vitre, l'autre me saluait.
"C'est qui?"
Je l'ai dit, haut et fort. Mon copain. Comme si les mots avaient la force de le faire reculer. Il a sourit, m'a dit qu'il devait être inquiet. On a continué à dire des stupidités qui voulaient dire autres choses et puis lentement je me suis mise à trembler de plus en plus fort et j'ai décidé de rentrer.
"Tu ne viens pas?"
Il a secoué la tête. Ce n'était pas sa place et j'étais d'accord, mais l'instant avait été trop court. Nous avons pris rendez-vous pour souper, le lendemain. J'ai poussé la porte. À l'intérieur, personne n'avait senti le tremblement de terre. Du fond de la salle, mon copain m'a sourit et m'a soufflé un baiser. J'ai murmuré:
"Je t'aime."