J'ai oublié l'endroit où j'ai rangé mes crayons. Ça devrait être la catastrophe, mais je m'en fous. Éperduement. Je n'ai plus aucune envie de dessiner. Les femmes se sont envolées de mon esprit avec leurs parapluies et leur gros ventre. Ne reste plus que le vide. Même les fleurs sont parties.
Demain, pour la fête des mères, j'achèterai des cartes à la pharmacie.
Je n'aime pas Réjean Ducharme.
samedi 12 mai 2007
vendredi 11 mai 2007
Conversation dans un bain.
Enfin, disons que Poisson était dans le bain et que je tentais tant bien que mal de le laver sans me faire tremper.
- Je t'aime juste un peu.
- Ah oui?
- J'aime mon frère beaucoup, parce que c'est mon frère et qu'un frère doit aimer son frère, mais toi, je t'aime juste un peu.
- Ah bon. Et juste un peu ça veut dire comment?
- Gros comme le ciel.
J'ai sourit. Le ciel? Ça me va parfaitement...
Enfin, disons que Poisson était dans le bain et que je tentais tant bien que mal de le laver sans me faire tremper.
- Je t'aime juste un peu.
- Ah oui?
- J'aime mon frère beaucoup, parce que c'est mon frère et qu'un frère doit aimer son frère, mais toi, je t'aime juste un peu.
- Ah bon. Et juste un peu ça veut dire comment?
- Gros comme le ciel.
J'ai sourit. Le ciel? Ça me va parfaitement...
mercredi 9 mai 2007
mardi 8 mai 2007
Entre ma porte et la sienne, six rues.
Entre chez moi et chez A., trois stations de métro et environ huit minutes de marche par temps ensoleillé. Douze minutes s'il pleut.
Entre mon appartement et le prochain de ma coloc, trois rues que son copain fait en neuf minutes à pied, qu'elle fait en cinq minutes en vélo et que je fais, un peu au hasard, en beaucoup plus de temps.
Entre mon monde et le boulot, quarante-cinq minutes de traffic ou vingt-cinq minutes de liberté.
Sur le trottoir, une petite fille déguisée en Blanche-Neige qui joue à saute-mouton.
Entre chez moi et chez A., trois stations de métro et environ huit minutes de marche par temps ensoleillé. Douze minutes s'il pleut.
Entre mon appartement et le prochain de ma coloc, trois rues que son copain fait en neuf minutes à pied, qu'elle fait en cinq minutes en vélo et que je fais, un peu au hasard, en beaucoup plus de temps.
Entre mon monde et le boulot, quarante-cinq minutes de traffic ou vingt-cinq minutes de liberté.
Sur le trottoir, une petite fille déguisée en Blanche-Neige qui joue à saute-mouton.
lundi 7 mai 2007
"Et mon sort traine encore ce soir au café Lézard..."
Plein soleil sous le puit de lumière du salon. Dans l'appartement, branle-bas de combat. Des roues un peu partout, une nouvelle bibliothèque dans la cuisine, deux tables, des meubles qui partent et d'autres qui reviennent. Je pense à hypothéquer mon espace pour dormir afin de faire entrer la sécheuse.
Plein soleil sous le puit de lumière du salon. Dans l'appartement, branle-bas de combat. Des roues un peu partout, une nouvelle bibliothèque dans la cuisine, deux tables, des meubles qui partent et d'autres qui reviennent. Je pense à hypothéquer mon espace pour dormir afin de faire entrer la sécheuse.
vendredi 4 mai 2007
Sur le revers de ma porte de garde-robe, sous les vestes et les multiples chandails, deux feuilles. Une liste "Happy to do" que nous avons construite un soir bien arrosé à la lumière de nos envies.
Faire un barbecue en Toscane.
Dire à Jules qu'il est la 8e merveille du monde.
...
Il m'a dit:
Quand on s'engueule et qu'on a soudainement envie de tout foutre en l'air, je pense à cette liste et je me dis que je ne voudrais faire cela avec personne d'autre.
Faire un barbecue en Toscane.
Dire à Jules qu'il est la 8e merveille du monde.
...
Il m'a dit:
Quand on s'engueule et qu'on a soudainement envie de tout foutre en l'air, je pense à cette liste et je me dis que je ne voudrais faire cela avec personne d'autre.
lundi 30 avril 2007
Ça fait trois ans que je me demande quoi faire avec cet affreux bas de mur en faux stuco étalé beige sale. Trois ans que je me questionne. Rouge ? Bleu? Vert ? Imitation de brique ? Et puis avec la saison des déménagements et la peinture à faire un peu partout, je me suis dit: Pourquoi pas blanc?
Bon, ça va rester une moitié de mur en faux stuco étalé, mais au moins elle sera de la même couleur que l'autre moitié, non?
Et bien peindre du relief mal fait, c'est très difficile.
Une chance que je me suis réconciliée avec Lui...
Bon, ça va rester une moitié de mur en faux stuco étalé, mais au moins elle sera de la même couleur que l'autre moitié, non?
Et bien peindre du relief mal fait, c'est très difficile.
Une chance que je me suis réconciliée avec Lui...
dimanche 29 avril 2007
On a rit toute la journée. Malgré le temps gris et malgré la foule monstrueuse au magasin. On a fait la fête en peinturant des murs à n'en plus finir et en trouvant mille et une façon de se casser le dos sur des étagères-à-monter-au-troisième-étage. On a eu du plaisir alors qu'on aurait pu se faire la gueule.
Et ce soir, pour rien, après s'être dit des bêtises et avoir rigolé jusqu'à en avoir mal au ventre, on s'est engueulé pour une question de vaisselle. On s'est engueulé tellement fort qu'il a claqué la porte pour la première fois et que je n'ai pas su trouver les mots pour briser le silence. On s'est engueulé parce que nous ne faisons pas la vaisselle de la même façon.
Je visite les charmes très très discrets du quotidien.
Et ce soir, pour rien, après s'être dit des bêtises et avoir rigolé jusqu'à en avoir mal au ventre, on s'est engueulé pour une question de vaisselle. On s'est engueulé tellement fort qu'il a claqué la porte pour la première fois et que je n'ai pas su trouver les mots pour briser le silence. On s'est engueulé parce que nous ne faisons pas la vaisselle de la même façon.
Je visite les charmes très très discrets du quotidien.
jeudi 26 avril 2007
Neuf paires d'yeux dans une salle vide. Plus une. La mienne.
On se regarde, ils me jaugent. Ils sont punis et pourtant c'est moi qui a l'impression de l'être. L'heure à passer est longue, les secondes retiennent leur souffle trop longtemps. Ils m'observent toujours et je tente d'appliquer ma méchanceté impitoyable à tous mes traits. Je me crois presque.
Dans l'air, un je-ne-sais-quoi inexplicable qui sent la sangria...
Vivement la cloche.
On se regarde, ils me jaugent. Ils sont punis et pourtant c'est moi qui a l'impression de l'être. L'heure à passer est longue, les secondes retiennent leur souffle trop longtemps. Ils m'observent toujours et je tente d'appliquer ma méchanceté impitoyable à tous mes traits. Je me crois presque.
Dans l'air, un je-ne-sais-quoi inexplicable qui sent la sangria...
Vivement la cloche.
mardi 24 avril 2007
lundi 23 avril 2007
Il me l'a donné comme ça. Début décembre, dans un bar, assis au comptoir, juste comme j'arrivais.
"Tiens, ton cadeau de Noël. Et regarde-le bien parce que c'est le seul que je donne cette année."
Le disque n'était pas emballé. Un groupe obscur, supposément découvert la veille dans une salle un peu miteuse en banlieue nord. J'ai voulu le remercier, mais à son air j'ai compris qu'il valait mieux pas. Quelques semaines après, nous ne nous parlions plus.
Et aujourd'hui, parce qu'il y avait longtemps et que j'avais envie, j'ai glissé le disque dans mon voiture.
"Je t'aime plus fort qu'autrefois
Parce qu'il ne me reste que des souvenirs de toi"
"Tiens, ton cadeau de Noël. Et regarde-le bien parce que c'est le seul que je donne cette année."
Le disque n'était pas emballé. Un groupe obscur, supposément découvert la veille dans une salle un peu miteuse en banlieue nord. J'ai voulu le remercier, mais à son air j'ai compris qu'il valait mieux pas. Quelques semaines après, nous ne nous parlions plus.
Et aujourd'hui, parce qu'il y avait longtemps et que j'avais envie, j'ai glissé le disque dans mon voiture.
"Je t'aime plus fort qu'autrefois
Parce qu'il ne me reste que des souvenirs de toi"
dimanche 22 avril 2007
On a dit:
Sortez l'Intello en vous. Habillez-le, donnez-lui un accent si ça vous chante. Venez pour vingt heures, apportez du vin et du fromage. Oh oui, et votre bonne humeur.
Dans notre salon, Kierkegaard a joué les parfaites maitresses de maison, Einstein a remonté ses bas sur ses pantalons, Simone de Beauvoir a pris l'accent du plateau version Edgar Hypertaverne, Suzuki a sorti sa nouvelle coupe de cheveux et... le reste?
Que du bon vin, des fromages à profusion, quelques éclats de rire lancés et quelques accents perdus au fil des conversations décousues.
Du plaisir?
À la pelle...
Sortez l'Intello en vous. Habillez-le, donnez-lui un accent si ça vous chante. Venez pour vingt heures, apportez du vin et du fromage. Oh oui, et votre bonne humeur.
Dans notre salon, Kierkegaard a joué les parfaites maitresses de maison, Einstein a remonté ses bas sur ses pantalons, Simone de Beauvoir a pris l'accent du plateau version Edgar Hypertaverne, Suzuki a sorti sa nouvelle coupe de cheveux et... le reste?
Que du bon vin, des fromages à profusion, quelques éclats de rire lancés et quelques accents perdus au fil des conversations décousues.
Du plaisir?
À la pelle...
vendredi 20 avril 2007
Il y avait longtemps.
Il y a eu des obligations loin de la ville et quelques repos. Et puis, le retour...
Moments de pur bonheur. J'ai laissé mes chaussures de grande personne sur le bord de la porte et Pilote, Poisson et moi avons été joué dans la ruelle sous le soleil qui n'en finissait plus de nous faire du bien. On a couru, ils sont parfois tombés avec le sourire, on a lancé notre bonne humeur dans les airs et on l'a rattrapée, épuisés, juste à temps pour l'heure du bain.
Plus tard, j'ai raconté une histoire de lézards à Pilote comme c'est la coutume, puis j'ai endormi Poisson en lui effleurant le dos du revers de ma main.
En repartant, j'ai remis mes chaussures de grande personne. Elles me semblaient soudainement moins petites...
Il y a eu des obligations loin de la ville et quelques repos. Et puis, le retour...
Moments de pur bonheur. J'ai laissé mes chaussures de grande personne sur le bord de la porte et Pilote, Poisson et moi avons été joué dans la ruelle sous le soleil qui n'en finissait plus de nous faire du bien. On a couru, ils sont parfois tombés avec le sourire, on a lancé notre bonne humeur dans les airs et on l'a rattrapée, épuisés, juste à temps pour l'heure du bain.
Plus tard, j'ai raconté une histoire de lézards à Pilote comme c'est la coutume, puis j'ai endormi Poisson en lui effleurant le dos du revers de ma main.
En repartant, j'ai remis mes chaussures de grande personne. Elles me semblaient soudainement moins petites...
mardi 17 avril 2007
lundi 16 avril 2007
dimanche 15 avril 2007
samedi 14 avril 2007
" Bonjour, j'appelais seulement pour savoir comment tu allais, comment tu te sentais, de nouveau dans tes choses, dans ton monde... J'imagine que tu es partie courir pour laisser tes pieds refaire connaissance avec le quartier... Ici la journée est passée très vite, je n'ai pas eu le temps avant mais... Je voulais te dire que je pense à toi, simplement. À bientôt."
jeudi 12 avril 2007
"If I lay here
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world"
De la neige de l'autre côté de la fenêtre.
Je ne bouge plus, prise dehors, parmi les flocons qui se font immenses. Les yeux devant moi ne comprennent pas trop. Ils n'osent pas. Une gorge se râcle, je reviens. Ah oui, les feuilles.
J'ai enfin apprivoisé la machine à café.
If I just lay here
Would you lie with me and just forget the world"
De la neige de l'autre côté de la fenêtre.
Je ne bouge plus, prise dehors, parmi les flocons qui se font immenses. Les yeux devant moi ne comprennent pas trop. Ils n'osent pas. Une gorge se râcle, je reviens. Ah oui, les feuilles.
J'ai enfin apprivoisé la machine à café.
mercredi 11 avril 2007
J'ai envie de peindre le mur de la cuisine en rouge.
D'ouvrir toutes grandes les fenêtres et de m'y glisser la tête pour savourer le soleil.
De sortir mon vélo.
J'ai envie de toi sur mon balcon.
De sortir tout le contenu des armoires pour le grand ménage.
De rappatrier ma bibliothèque.
J'ai envie de crème glacée à la vanille trempée dans le chocolat.
De rendre visite à M.
De dormir dans mon hamac.
Et demain? Demains ils annoncent de la neige...
D'ouvrir toutes grandes les fenêtres et de m'y glisser la tête pour savourer le soleil.
De sortir mon vélo.
J'ai envie de toi sur mon balcon.
De sortir tout le contenu des armoires pour le grand ménage.
De rappatrier ma bibliothèque.
J'ai envie de crème glacée à la vanille trempée dans le chocolat.
De rendre visite à M.
De dormir dans mon hamac.
Et demain? Demains ils annoncent de la neige...
Ça aurait été comme dans un film.
Le matin, nous nous sommes levés heureux, nous avons fait nos bagages, nous nous sommes séparés aux voitures avec un sourire, quelques baisers.
Nos voitures se sont suivies un moment, nous avons fait des grimaces dans les rétroviseurs et nous nous sommes dits, chacun de notre côté, que nous étions vraiment bien.
Il a pris le nord et j'ai pris le sud.
Quelques minutes plus tard, un bruit terrifiant de freins. Dans mon rétroviseur, une voiture verte qui venait de se faire écraser contre le parapet par un mastodonte, le genre impossible à éviter. Sur le volant, mes mains se sont mises à trembler en voyant la voiture plier comme un jouet.
Trente secondes auparavant, c'est moi qui dépassais le camion.
Le matin, nous nous sommes levés heureux, nous avons fait nos bagages, nous nous sommes séparés aux voitures avec un sourire, quelques baisers.
Nos voitures se sont suivies un moment, nous avons fait des grimaces dans les rétroviseurs et nous nous sommes dits, chacun de notre côté, que nous étions vraiment bien.
Il a pris le nord et j'ai pris le sud.
Quelques minutes plus tard, un bruit terrifiant de freins. Dans mon rétroviseur, une voiture verte qui venait de se faire écraser contre le parapet par un mastodonte, le genre impossible à éviter. Sur le volant, mes mains se sont mises à trembler en voyant la voiture plier comme un jouet.
Trente secondes auparavant, c'est moi qui dépassais le camion.
lundi 9 avril 2007
samedi 7 avril 2007
jeudi 5 avril 2007
Je vis entre des appartements. Deux lits, parfois trois, des clés à profusion.
Je me réveille au matin l'esprit un peu embrumé, les murs sans souvenirs.
Il me faut quelques tours pour prendre conscience de la chambre où je suis, de la largeur du lit, de la présence ou non de l'autre.
Je vis entre mes valises.
La bleue pour partir, la verte pour revenir. Entre elles, des sacs de linge à laver ou prêt-à-porter, des feuilles volantes qui se perdent dans des coffres arrières.
J'essaie de ne pas les perdre, mais elles se sauvent comme les parapluies.
"La fin de l'homme ne sera pas la fin du monde.."
Je me réveille au matin l'esprit un peu embrumé, les murs sans souvenirs.
Il me faut quelques tours pour prendre conscience de la chambre où je suis, de la largeur du lit, de la présence ou non de l'autre.
Je vis entre mes valises.
La bleue pour partir, la verte pour revenir. Entre elles, des sacs de linge à laver ou prêt-à-porter, des feuilles volantes qui se perdent dans des coffres arrières.
J'essaie de ne pas les perdre, mais elles se sauvent comme les parapluies.
"La fin de l'homme ne sera pas la fin du monde.."
mardi 3 avril 2007
Mon copain dit que je ne suis pas vraiment une mauvaise cuisinière mais que c'est plutôt la cuisine qui a décidé de ne pas vouloir de moi. Il ajoute qu'au moment où je parviens à déjouer la vigilance de mon ennemie, ce sont les éléments qui prennent la relève pour lui éviter de perdre la face.
Inutile de me parler de ma version flambée du gâteau des anges.
Inutile de me parler de ma version flambée du gâteau des anges.
dimanche 1 avril 2007
J'aurais voulu prendre une photographie.
J'aurais voulu prendre une photographie avec un polaroid, y inscrire la date et la coller dans un grand cartable où je pourrais réunir quelques moments de bonheur.
C'est une soirée qui ne se décrit pas, une suite de petits moments magiques qui ont déferlé sans prévenir. Le type de la table à côté et son jeu de cartes nommé Robert. Les questions incongrues de F.La fête d'un inconnu et les bises échangés pour le plaisir. Le sourire de Il. Le premier pichet de Sangria pour lancer la saison chaude. Les mots chuchotés entre filles. Le quatrième pichet. Le départ un peu tournant, un peu hilarant. La danse dans le métro. La course effrénée dans les marches. Le lit en pleine lumière. Le message de A sur le répondeur qui nous signale qu'elle est bien rentrée. Les corps qui s'emmêlent presque sauvagement. L'O.
J'aurais voulu prendre une photographie et la regarder plus tard, bien plus tard quand j'aurai oublié, ne serait-ce que pour me rappeler qu'il ne faut pas grand chose pour être heureuse.
J'aurais voulu prendre une photographie avec un polaroid, y inscrire la date et la coller dans un grand cartable où je pourrais réunir quelques moments de bonheur.
C'est une soirée qui ne se décrit pas, une suite de petits moments magiques qui ont déferlé sans prévenir. Le type de la table à côté et son jeu de cartes nommé Robert. Les questions incongrues de F.La fête d'un inconnu et les bises échangés pour le plaisir. Le sourire de Il. Le premier pichet de Sangria pour lancer la saison chaude. Les mots chuchotés entre filles. Le quatrième pichet. Le départ un peu tournant, un peu hilarant. La danse dans le métro. La course effrénée dans les marches. Le lit en pleine lumière. Le message de A sur le répondeur qui nous signale qu'elle est bien rentrée. Les corps qui s'emmêlent presque sauvagement. L'O.
J'aurais voulu prendre une photographie et la regarder plus tard, bien plus tard quand j'aurai oublié, ne serait-ce que pour me rappeler qu'il ne faut pas grand chose pour être heureuse.
mercredi 28 mars 2007
Sur les terrasses, des gens vêtus de leur plus beau foulard qui profitent des premiers rayons un peu chaud. Je les envie. Dans ma vieille bagnole qui avance pouce par pouce, prisonnière du traffic, je peste. Je me ronge un peu les ongles, je change le poste de radio, j'échappe le disque de Dumas sous mon siège, je cale en voulant repartir trop vite. Sur les terrasses, les gens ont l'air heureux, plein soleil. Je devrais l'être aussi, heureuse, mais je n'y arrive pas. Je n'ai qu'une seule pensée en tête. Quand il arrivera, je laisserai la porte du vestibule fermée et je lui demanderai: M'aimes-tu seulement pour mes cheveux?
Je hais les coiffeurs.
Je hais les coiffeurs.
mardi 27 mars 2007
"Bad day
Lookin for a way, home...
Lookin for the great escape"
Dimanche, je me suis enfin décidée à aller chez toi. J'aurais dû le faire avant, je sais, mais un je ne sais quoi m'en empêchait. Ton appartement te ressemble. Même après tous ces jours sans toi, il te respire. Je t'ai cherché dans les pièces mais je n'y ai trouvé que les traces de ton départ fracassant. J'ai arrosé tes plantes, je les ai même peut-être noyées tellement j'ai voulu bien faire. Je n'ai touché à rien d'autre, ni à ton réfrigérateur qui doit moisir, ni à ton répondeur qui clignotait. Ce n'est pas de mes affaires. On se ressemble là-dessus.
Reviendras-tu?
En me promenant dans les pièces je me suis dit que ce départ était peut-être le bon et j'ai eu un peu peur. Est-ce qu'en ouvrant ses ailes ton père t'a redonné envie de tes racines?
Lookin for a way, home...
Lookin for the great escape"
Dimanche, je me suis enfin décidée à aller chez toi. J'aurais dû le faire avant, je sais, mais un je ne sais quoi m'en empêchait. Ton appartement te ressemble. Même après tous ces jours sans toi, il te respire. Je t'ai cherché dans les pièces mais je n'y ai trouvé que les traces de ton départ fracassant. J'ai arrosé tes plantes, je les ai même peut-être noyées tellement j'ai voulu bien faire. Je n'ai touché à rien d'autre, ni à ton réfrigérateur qui doit moisir, ni à ton répondeur qui clignotait. Ce n'est pas de mes affaires. On se ressemble là-dessus.
Reviendras-tu?
En me promenant dans les pièces je me suis dit que ce départ était peut-être le bon et j'ai eu un peu peur. Est-ce qu'en ouvrant ses ailes ton père t'a redonné envie de tes racines?
lundi 26 mars 2007
vendredi 23 mars 2007
Formons un cirque.
Je serai funambule et tu seras mon clown. Si tu veux, je te dessine des cheveux bleus et d'autres verts, je te peins un nez rouge et un sourire immense. Moi, je glisserai mon corps dans une robe de nuit et je ferai celle qui rêve sur un fil.
Si j'ai peur de tomber? Ça n'entre même pas en ligne de compte. Depuis quand les artistes du cirque se soucient de tomber? Mais de toute façon, j'ai pensé à tout. Si je tombe, tu me rattraperas.
Dis, tu me rattraperas, hein?
Je serai funambule et tu seras mon clown. Si tu veux, je te dessine des cheveux bleus et d'autres verts, je te peins un nez rouge et un sourire immense. Moi, je glisserai mon corps dans une robe de nuit et je ferai celle qui rêve sur un fil.
Si j'ai peur de tomber? Ça n'entre même pas en ligne de compte. Depuis quand les artistes du cirque se soucient de tomber? Mais de toute façon, j'ai pensé à tout. Si je tombe, tu me rattraperas.
Dis, tu me rattraperas, hein?
mercredi 21 mars 2007
Je ne sais plus ce qui se passe.
Ou plutôt je sais mais je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Trois mois.
Le temps d'une saison ou d'une courte vie, le temps d'un amour.
Qui s'égrène...
Ou pas.
Je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Pas cette fois, s'il vous plait...
Ou plutôt je sais mais je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Trois mois.
Le temps d'une saison ou d'une courte vie, le temps d'un amour.
Qui s'égrène...
Ou pas.
Je me bouche les yeux, je cesse de respirer et je joue à l'autruche, la tête dans le sable.
Pas cette fois, s'il vous plait...
mardi 20 mars 2007
"Je cueille des iris qui fanent"
Lilas
La tête pleine
oubliée
Dans un quelque part lointain
oublié
Lui aussi.
Lilas
La tête pleine
oubliée
Dans un quelque part lointain
oublié
Lui aussi.
dimanche 18 mars 2007
Il a dit:
Je te promets que je ne travaillerai pas ce week-end.
J'ai fait la sourde oreille. Deux fois déjà que nos châteaux de sable s'effondraient, je n'avais aucune envie de voir de nouveau le sable couler entre mes doigts. Je lui ai dit oui, oui je te crois... et, en silence, je me suis convaincue qu'il allait travailler. Je me suis dit au pire j'avais raison, au mieux c'est une jolie surprise que de le trouver libre. Devant mon refus à faire des plans, il a vite compris mon stratagème.
Il a dit:
J'aimerais que tu me fasses plus confiance.
Je lui ai dit oui, oui je te fais confiance et je l'ai laissé construire tout seul notre château de sable en donnant quelques fois un coup de pelle pour donner le change. Mais, en silence, je me construisais mon propre palais. Un palais un peu rose, un peu vide, un peu pour passer le temps.
Vendredi, il a dit:
Je suis libre.
J'ai dit oui, oui, je savais bien... et puis, tout à coup, j'ai pris conscience des mots qu'il venait de prononcer. J'ai pris ma pelle et je lui ai tendu la sienne. Ensemble, nous avons construit un pont entre nos appartements royaux.
Je te promets que je ne travaillerai pas ce week-end.
J'ai fait la sourde oreille. Deux fois déjà que nos châteaux de sable s'effondraient, je n'avais aucune envie de voir de nouveau le sable couler entre mes doigts. Je lui ai dit oui, oui je te crois... et, en silence, je me suis convaincue qu'il allait travailler. Je me suis dit au pire j'avais raison, au mieux c'est une jolie surprise que de le trouver libre. Devant mon refus à faire des plans, il a vite compris mon stratagème.
Il a dit:
J'aimerais que tu me fasses plus confiance.
Je lui ai dit oui, oui je te fais confiance et je l'ai laissé construire tout seul notre château de sable en donnant quelques fois un coup de pelle pour donner le change. Mais, en silence, je me construisais mon propre palais. Un palais un peu rose, un peu vide, un peu pour passer le temps.
Vendredi, il a dit:
Je suis libre.
J'ai dit oui, oui, je savais bien... et puis, tout à coup, j'ai pris conscience des mots qu'il venait de prononcer. J'ai pris ma pelle et je lui ai tendu la sienne. Ensemble, nous avons construit un pont entre nos appartements royaux.
jeudi 15 mars 2007
dimanche 11 mars 2007
Je t'ai vu dans la rue.
Je sais que c'était toi, je t'ai reconnu à ta démarche un peu particulière, à ton manteau, celui qu'on a acheté ensemble, te rappelles-tu...
J'ai pensé crier ton nom. Je l'ai pensé très fort et puis je n'ai rien dit.
Je t'ai suivi un peu, presque par envie, presque parce que c'était aussi mon chemin. Tu traversais des rues avec ta main gauche qui pendait, seule. J'avais envie de courir te rejoindre, de glisser ma main dans la tienne, d'oublier les mois qui ont entrecoupés nos baisers. J'ai eu envie très fort et puis je n'ai rien fait.
Devant le 802, je t'ai laissé à ton futur et j'ai remis notre passé dans un tiroir de ma mémoire. J'étais à destination et pas toi.
Je sais que c'était toi, je t'ai reconnu à ta démarche un peu particulière, à ton manteau, celui qu'on a acheté ensemble, te rappelles-tu...
J'ai pensé crier ton nom. Je l'ai pensé très fort et puis je n'ai rien dit.
Je t'ai suivi un peu, presque par envie, presque parce que c'était aussi mon chemin. Tu traversais des rues avec ta main gauche qui pendait, seule. J'avais envie de courir te rejoindre, de glisser ma main dans la tienne, d'oublier les mois qui ont entrecoupés nos baisers. J'ai eu envie très fort et puis je n'ai rien fait.
Devant le 802, je t'ai laissé à ton futur et j'ai remis notre passé dans un tiroir de ma mémoire. J'étais à destination et pas toi.
samedi 10 mars 2007
Parfois il s'agit d'un jeu de téléphones malchanceux. Une suite de coïncidences qui joue contre nous.
"- Tu ne m'as pas rappelée!
- Quoi? C'est moi qui a laissé un message sur ton répondeur aujourd'hui.
- Tu n'as pas eu mon message? J'ai rappelé pendant que tu dormais, c'est ta coloc qui a pris le message."
Merde. Dire qu'on aurait pu aller souper.
"- Je suis désolé, j'ai voulu t'avertir que j'arriverais en retard, mais quand j'ai appelé la ligne était occupée.
- Oui et bien tu aurais pu essayer un peu plus tard..."
"- Tu ne m'as pas rappelée!
- Quoi? C'est moi qui a laissé un message sur ton répondeur aujourd'hui.
- Tu n'as pas eu mon message? J'ai rappelé pendant que tu dormais, c'est ta coloc qui a pris le message."
Merde. Dire qu'on aurait pu aller souper.
"- Je suis désolé, j'ai voulu t'avertir que j'arriverais en retard, mais quand j'ai appelé la ligne était occupée.
- Oui et bien tu aurais pu essayer un peu plus tard..."
jeudi 8 mars 2007
mercredi 7 mars 2007
Devant moi, le métro est bondé. Je me faufile entre les passagers, tentant tant bien que mal de n'en accrocher aucun. Au fond du wagon, un vieil homme tente de faire entrer un journal dans le sac qu'il a posé sur le banc de libre, à coté de lui.
-Un instant mademoiselle, je vous laisse le banc.
Je souris, fais signe que ce n'est pas grave. L'homme se dépêche, reprend son sac. Je lui dis merci, m'assois. Les stations passent, filent. À la mienne, lorsque les portes s'ouvrent, je me retourne pour lui souhaiter une belle fin de journée.
- Bonne soirée à vous aussi, mademoiselle.
Et c'est drôle, ça sonnait comme une bénédiction...
-Un instant mademoiselle, je vous laisse le banc.
Je souris, fais signe que ce n'est pas grave. L'homme se dépêche, reprend son sac. Je lui dis merci, m'assois. Les stations passent, filent. À la mienne, lorsque les portes s'ouvrent, je me retourne pour lui souhaiter une belle fin de journée.
- Bonne soirée à vous aussi, mademoiselle.
Et c'est drôle, ça sonnait comme une bénédiction...
mardi 6 mars 2007
Dans le froid terrifiant, je suis sortie pour lui faire une surprise.
Du coin de la rue, j'ai posé des flèches sur le sol. Des bleues, des jaunes et des vertes que j'ai fait tenir avec des briques, du ruban adhésif, des bacs à recyclage. Des flèches jusqu'au balcon de mon voisin consentant. Dans sa boite aux lettres, ma clé.
Des flèches jusqu'à mon balcon.
De l'autre côté de la porte, une affiche contre le mur.
Trouve-moi.
Je l'ai entendu retirer son manteau, pester contre le froid frigorifiant, m'appeler. Dans le placard, je n'ai rien dit.
Des flèches encore, de l'entrée jusqu'au fond de la cuisine, menant jusqu'à un vase. Vide. En haut, une autre affiche.
Tu ne m'as pas encore trouvée?
Je l'ai entendu me chercher dans la salle de bain, dans le lit, dans mon garde-robe. Mais le chat s'est tanné de nos jeux d'adolescents et il m'a vendue, se jetant contre la porte de mon placard.
Je t'ai trouvé !
Quand il a ouvert la porte, je lui tendais les trois branches de bambous qu'il me demandait depuis des mois.
Un, deux, toi.
Du coin de la rue, j'ai posé des flèches sur le sol. Des bleues, des jaunes et des vertes que j'ai fait tenir avec des briques, du ruban adhésif, des bacs à recyclage. Des flèches jusqu'au balcon de mon voisin consentant. Dans sa boite aux lettres, ma clé.
Des flèches jusqu'à mon balcon.
De l'autre côté de la porte, une affiche contre le mur.
Trouve-moi.
Je l'ai entendu retirer son manteau, pester contre le froid frigorifiant, m'appeler. Dans le placard, je n'ai rien dit.
Des flèches encore, de l'entrée jusqu'au fond de la cuisine, menant jusqu'à un vase. Vide. En haut, une autre affiche.
Tu ne m'as pas encore trouvée?
Je l'ai entendu me chercher dans la salle de bain, dans le lit, dans mon garde-robe. Mais le chat s'est tanné de nos jeux d'adolescents et il m'a vendue, se jetant contre la porte de mon placard.
Je t'ai trouvé !
Quand il a ouvert la porte, je lui tendais les trois branches de bambous qu'il me demandait depuis des mois.
Un, deux, toi.
lundi 5 mars 2007
Dans la maison bleue, les escaliers forment une suite de marches entrecoupée d'espaces vides. Il est tard, il y a longtemps que je devrais être au lit. Sur mon ventre, je serre mon petit lapin en peluche. Chut, on ne devrait pas être ici. De l'autre côté de la fenêtre créée par les marches, ils s'embrassent. Je ne sais pas trop pourquoi, mais confusément j'ai l'impression que ça ne va pas. Que l'image n'est pas bonne. Que la femme ne devrait pas être là. Je remonte les marches. Sur la pointe des pieds. Je retourne dans mon lit. Dans cette chambre qui me fait si peur à cause de la trappe dans le plafond. Doucement, j'enfonce mes ongles dans mes paumes et, quand la douleur est assez forte, je commence à pleurer.
samedi 3 mars 2007
J'ai appelé ma mère de la gare, empêtrée dans mes bagages, frigorifiée sur le quai extérieur.
J'ai dit:
Je pars.
Il y a eu un silence. Dans ma tête, j'ai refait le pour et le contre, j'ai de nouveau balancé la liste des négatifs derrière mon dos et j'ai poursuivi:
Je te promets que je vais revenir.
Au bout du téléphone, je l'ai serrée dans mes bras comme je pouvais. Je n'avais aue cela à lui offrir, une vérité un peu flou, sans date fixe. Le bruit s'est amplifié à ma gauche, je lui ai murmuré que je l'aimais, j'ai raccroché et j'ai pris une grande inspiration.
Dans ma tête, j'ai soufflé:
Attends-moi, j'arrive.
J'ai dit:
Je pars.
Il y a eu un silence. Dans ma tête, j'ai refait le pour et le contre, j'ai de nouveau balancé la liste des négatifs derrière mon dos et j'ai poursuivi:
Je te promets que je vais revenir.
Au bout du téléphone, je l'ai serrée dans mes bras comme je pouvais. Je n'avais aue cela à lui offrir, une vérité un peu flou, sans date fixe. Le bruit s'est amplifié à ma gauche, je lui ai murmuré que je l'aimais, j'ai raccroché et j'ai pris une grande inspiration.
Dans ma tête, j'ai soufflé:
Attends-moi, j'arrive.
jeudi 1 mars 2007
On s'est retrouvés à l'endroit habituel. Il y avait longtemps. J'avais oublié qu'il mettait toujours un temps fou à arriver. J'ai attendu à l'abri d'une bouche d'air chaud et ça a prit une éternité et demi je crois avant que je l'aperçoive traverser la rue. J'ai poussé la porte pour le rejoindre et nous avons éviter de nous faire la bise pour ne pas risquer de se tromper.
On a remonté la rue Saint-Denis vers notre restaurant préféré mais on s'est arrêtés en chemin, dans un nouveau vietnamien. Changer d'habitudes. On n'avait encore presque rien dit si ce n'est des banalités, on s'apprivoisait avec la distance.
Après avoir commenté la carte et la décoration, il a bien fallu combler le silence avec autre chose que nos conneries. On a parlé de l'autre, Mon Copain. Ma déclaration n'était donc pas passé inaperçue. Il me la renvoyait en pleine figure, voulait avoir des détails. Sitôt que je parlais, il disséquait cet autre qui m'avait pris entre temps. Entre lui et moi. Du temps.
Il a dit:
- Ça veut dire que je dois me trouver une autre promise.
Je n'ai pas compris.
- Rappelle-toi, on a fait comme dans ton film de filles préféré. On s'est promis que si j'atteignais trente ans sans trouver une femme, on se mariait.
J'ai fait dévier le sujet. Vers sa vie à lui, ses conquêtes. Nombreuses. Il m'a raconté des détails croustillants, m'a fait rire avec son cynisme. Le temps à filé. En sortant du restaurant, on a évité le cinéma pour ne pas se retrouver l'un à côté dans le noir. Il m'a reconduit.
Devant ma porte, on a eu un moment d'hésitation. Et puis tant pis, on s'est fait la bise, le temps de partager nos odeurs. Et surprise... On ne s'es pas trompé. Il n'y a eu ni papillons, ni baisers volés. Quand j'ai claqué la portière, nous avions enfin trouvé. L'amitié ou presque.
On a remonté la rue Saint-Denis vers notre restaurant préféré mais on s'est arrêtés en chemin, dans un nouveau vietnamien. Changer d'habitudes. On n'avait encore presque rien dit si ce n'est des banalités, on s'apprivoisait avec la distance.
Après avoir commenté la carte et la décoration, il a bien fallu combler le silence avec autre chose que nos conneries. On a parlé de l'autre, Mon Copain. Ma déclaration n'était donc pas passé inaperçue. Il me la renvoyait en pleine figure, voulait avoir des détails. Sitôt que je parlais, il disséquait cet autre qui m'avait pris entre temps. Entre lui et moi. Du temps.
Il a dit:
- Ça veut dire que je dois me trouver une autre promise.
Je n'ai pas compris.
- Rappelle-toi, on a fait comme dans ton film de filles préféré. On s'est promis que si j'atteignais trente ans sans trouver une femme, on se mariait.
J'ai fait dévier le sujet. Vers sa vie à lui, ses conquêtes. Nombreuses. Il m'a raconté des détails croustillants, m'a fait rire avec son cynisme. Le temps à filé. En sortant du restaurant, on a évité le cinéma pour ne pas se retrouver l'un à côté dans le noir. Il m'a reconduit.
Devant ma porte, on a eu un moment d'hésitation. Et puis tant pis, on s'est fait la bise, le temps de partager nos odeurs. Et surprise... On ne s'es pas trompé. Il n'y a eu ni papillons, ni baisers volés. Quand j'ai claqué la portière, nous avions enfin trouvé. L'amitié ou presque.
Des effluves de printemps.
Dans mon quartier il y a des étudiants qui s'assoient en plein soleil sur leur balcon vêtus de leur manteau d'hiver pour étudier. Dans mon métro il y a de très vieilles femmes qui sortent leur chapeau à plumes pour émoustiller les plus jeunes. Dans mon appartement il y a une colocataire qui pensent déjà à ce qu'elle fera bientôt pousser sur son balcon. Dans ma future vieille bagnole il y a un tournesol accroché au rétroviseur.
Quoi, une tempête prévue pour demain? Ouf, moi qui vient de retrouver mes pantalons de neige perdus au fond d'un carton...
Dans mon quartier il y a des étudiants qui s'assoient en plein soleil sur leur balcon vêtus de leur manteau d'hiver pour étudier. Dans mon métro il y a de très vieilles femmes qui sortent leur chapeau à plumes pour émoustiller les plus jeunes. Dans mon appartement il y a une colocataire qui pensent déjà à ce qu'elle fera bientôt pousser sur son balcon. Dans ma future vieille bagnole il y a un tournesol accroché au rétroviseur.
Quoi, une tempête prévue pour demain? Ouf, moi qui vient de retrouver mes pantalons de neige perdus au fond d'un carton...
lundi 26 février 2007
Il est arrivé sans bruit et il s'est glissé dans la foule des invités. J'étais au bar, profitant d'un moment de répit. Il m'a tapé sur l'épaule. Quand je me suis retournée, tout son être m'a percuté. Lui.
" Je voulais te faire une surprise."
On a presque rien dit. Il a fait le tour pendant que je me suis libérée de ma conversation. J'ai foncé vers le vestiaire, pris le premier veston qui m'est tombé sous la main et je l'ai rejoint sous un dessin.
" Dehors, c'est mieux."
Je ne voulais personne autour de nous quand les trois mois de silence s'évanouiraient. Nous avons dit des banalités alors que je tremblais de froid. Il a offert de me prêter son manteau mais j'ai refusé de me retrouver de nouveau dans ses choses. Le temps passe. J'ai dit:
"Tu m'as manqué, idiot."
Il m'a serré dans ses bras et j'ai fermé les yeux, envahie par son odeur si particulière, si familière, si enivrante. Je me suis lentement reculée, j'ai repris mon équilibre. Derrière la vitre, l'autre me saluait.
"C'est qui?"
Je l'ai dit, haut et fort. Mon copain. Comme si les mots avaient la force de le faire reculer. Il a sourit, m'a dit qu'il devait être inquiet. On a continué à dire des stupidités qui voulaient dire autres choses et puis lentement je me suis mise à trembler de plus en plus fort et j'ai décidé de rentrer.
"Tu ne viens pas?"
Il a secoué la tête. Ce n'était pas sa place et j'étais d'accord, mais l'instant avait été trop court. Nous avons pris rendez-vous pour souper, le lendemain. J'ai poussé la porte. À l'intérieur, personne n'avait senti le tremblement de terre. Du fond de la salle, mon copain m'a sourit et m'a soufflé un baiser. J'ai murmuré:
"Je t'aime."
" Je voulais te faire une surprise."
On a presque rien dit. Il a fait le tour pendant que je me suis libérée de ma conversation. J'ai foncé vers le vestiaire, pris le premier veston qui m'est tombé sous la main et je l'ai rejoint sous un dessin.
" Dehors, c'est mieux."
Je ne voulais personne autour de nous quand les trois mois de silence s'évanouiraient. Nous avons dit des banalités alors que je tremblais de froid. Il a offert de me prêter son manteau mais j'ai refusé de me retrouver de nouveau dans ses choses. Le temps passe. J'ai dit:
"Tu m'as manqué, idiot."
Il m'a serré dans ses bras et j'ai fermé les yeux, envahie par son odeur si particulière, si familière, si enivrante. Je me suis lentement reculée, j'ai repris mon équilibre. Derrière la vitre, l'autre me saluait.
"C'est qui?"
Je l'ai dit, haut et fort. Mon copain. Comme si les mots avaient la force de le faire reculer. Il a sourit, m'a dit qu'il devait être inquiet. On a continué à dire des stupidités qui voulaient dire autres choses et puis lentement je me suis mise à trembler de plus en plus fort et j'ai décidé de rentrer.
"Tu ne viens pas?"
Il a secoué la tête. Ce n'était pas sa place et j'étais d'accord, mais l'instant avait été trop court. Nous avons pris rendez-vous pour souper, le lendemain. J'ai poussé la porte. À l'intérieur, personne n'avait senti le tremblement de terre. Du fond de la salle, mon copain m'a sourit et m'a soufflé un baiser. J'ai murmuré:
"Je t'aime."
J'ai lancé l'invitation comme ça, sans fioritures.
"Venez voir un peu ce qui se trame dans ma tête".
J'ai baptisé l'expérience fragments d'imaginaire et j'ai passé quelques mois en attente du jour fatidique.
Et puis, tranquillement, c'est arrivé.
Hier.
Je me réveille ce matin en me disant que cette journée est à rouler en petite boule pour la mettre dans la boite des moments de bonheur.
"Venez voir un peu ce qui se trame dans ma tête".
J'ai baptisé l'expérience fragments d'imaginaire et j'ai passé quelques mois en attente du jour fatidique.
Et puis, tranquillement, c'est arrivé.
Hier.
Je me réveille ce matin en me disant que cette journée est à rouler en petite boule pour la mettre dans la boite des moments de bonheur.
jeudi 22 février 2007
mercredi 21 février 2007
En vieillissant, les petites imperfections me dérangent moins.
Par exemple, je ne jette plus une feuille sur laquelle j'ai déjà écrit une demi-page pour la simple raison qu'elle est froissée dans le coin droit.
Je n'ai pas encore décidé si c'est parce que je deviens moins obsessive ou si c'est parce que ma conscience écologique s'énerve.
Par exemple, je ne jette plus une feuille sur laquelle j'ai déjà écrit une demi-page pour la simple raison qu'elle est froissée dans le coin droit.
Je n'ai pas encore décidé si c'est parce que je deviens moins obsessive ou si c'est parce que ma conscience écologique s'énerve.
mardi 20 février 2007
Je suis dans le salon de la maison bleue, assise sur le sol devant l'immense fenêtre qui couvre deux étages. J'entends des voix mais je ne sais pas qui. Des voix-femmes et des voix-hommes qui s'entrechoquent et qui se baisent. Mes mains sont petites, comme si elles n'avaient pas encore grandi. Ou oublié. Le reste du corps je ne sais pas, je ne veux pas voir. De l'autre côté de la vitre, trois petites filles me font des grimaces. Elles ont toutes des robes rouges.
Je ferme les yeux.
Je ferme les yeux.
lundi 19 février 2007
Parfois, j'en veux à mes pieds de leur manque de mémoire. J'ai l'impression qu'en hiver ils m'abandonnent, délaissant les rues inconnues pour des repères plus sécuritaires.
Matin.
14 marches pour se retrouver sur la rues. 38 pas jusqu'au métro, on pousse la porte, ouf, chaleur. Un escalier, deux escaliers. Huit stations jusqu'à Berri. On sort, un escalier. Le mardi, il faut prendre le long corridor, affronter de nouveau le dehors. Le pavillon est loin. Dix étages à grimper sans perdre le souffle. Ouf, chaleur.
Et puis sens inverse, exactement.
Il est où le parc?
Je ne sais plus. Attends le printemps...
Matin.
14 marches pour se retrouver sur la rues. 38 pas jusqu'au métro, on pousse la porte, ouf, chaleur. Un escalier, deux escaliers. Huit stations jusqu'à Berri. On sort, un escalier. Le mardi, il faut prendre le long corridor, affronter de nouveau le dehors. Le pavillon est loin. Dix étages à grimper sans perdre le souffle. Ouf, chaleur.
Et puis sens inverse, exactement.
Il est où le parc?
Je ne sais plus. Attends le printemps...
samedi 17 février 2007
jeudi 15 février 2007
mercredi 14 février 2007
Une carte dans ma boîte aux lettres. Une fille en talons terriblement hauts qui se bat contre une rafale de vent. Un kiosque qui offre des promesses de bonheur en forme de fleurs. Des hommes qui se débattent avec leur malette et leur bouquet dans le métro.
Et le sourire, le sourire magique de ma soeur lorsqu'elle a compris que le rendez-vous qui l'attendait à la réception c'était moi, surmontée de mon horrible tuque multicolore.
Et le sourire, le sourire magique de ma soeur lorsqu'elle a compris que le rendez-vous qui l'attendait à la réception c'était moi, surmontée de mon horrible tuque multicolore.
mardi 13 février 2007
Je lui ai dit:
Qu'est ce que la fuite sinon la peur? Les gens ont peur de toutes sortes de choses. Moi, j'ai peur des gens. Peur qu'ils existent, qu'ils me regardent, qu'ils s'attachent, qu'ils m'attachent, qu'ils me désirent, qu'ils me dévorent.
Mais surtout, j'ai peur qu'ils n'existent pas, qu'ils ne me regardent pas, qu'ils ne s'attachent pas, qu'ils me rejettent.
Alors je fuis d'abord. Je rejette avant. Je fais l'action au lieu de la subir. Je me force à avoir mal un peu au lieu de souffrir beaucoup. Et ce n'est ni mal ni bien parce que c'est le seul moyen efficace de survie que je connaisse et que la survie, ce n'est pas un jeu d'enfants.
Il m'a répondu:
Tu es égoiste.
Je l'ai giflé.
Qu'est ce que la fuite sinon la peur? Les gens ont peur de toutes sortes de choses. Moi, j'ai peur des gens. Peur qu'ils existent, qu'ils me regardent, qu'ils s'attachent, qu'ils m'attachent, qu'ils me désirent, qu'ils me dévorent.
Mais surtout, j'ai peur qu'ils n'existent pas, qu'ils ne me regardent pas, qu'ils ne s'attachent pas, qu'ils me rejettent.
Alors je fuis d'abord. Je rejette avant. Je fais l'action au lieu de la subir. Je me force à avoir mal un peu au lieu de souffrir beaucoup. Et ce n'est ni mal ni bien parce que c'est le seul moyen efficace de survie que je connaisse et que la survie, ce n'est pas un jeu d'enfants.
Il m'a répondu:
Tu es égoiste.
Je l'ai giflé.
samedi 10 février 2007
mercredi 7 février 2007
Souvent,
quand je rencontre des gens nouveaux, seuls ou en groupe, je perds l'usage de la parole.
Ils sont devant moi, prêts à me laisser la chance de les ébouir et... Non, rien. Les idées jouent à cache-cache, je me contente de sourire, de détourner la tête, d'avoir l'air de trouver le temps long alors que je cherche maladroitement sous les couches de timidité la phrase qui les retiendrait un peu. Quelques minutes, quelques heures, quelques rencontres. Pour que j'aie le temps de les apprivoiser, de me laisser approcher, de lentement glisser les mots le long d'un fil de soie et de créer un petit quelque chose de spécial, entre eux et moi.
Mais la vie passe vite. Les gens pressés ne font pas don de leur temps et les mots se gardent plutôt pour ceux qui savent, qui ont osé jadis et qui aujourd'hui partagent un petit quelque chose de spécial...
quand je rencontre des gens nouveaux, seuls ou en groupe, je perds l'usage de la parole.
Ils sont devant moi, prêts à me laisser la chance de les ébouir et... Non, rien. Les idées jouent à cache-cache, je me contente de sourire, de détourner la tête, d'avoir l'air de trouver le temps long alors que je cherche maladroitement sous les couches de timidité la phrase qui les retiendrait un peu. Quelques minutes, quelques heures, quelques rencontres. Pour que j'aie le temps de les apprivoiser, de me laisser approcher, de lentement glisser les mots le long d'un fil de soie et de créer un petit quelque chose de spécial, entre eux et moi.
Mais la vie passe vite. Les gens pressés ne font pas don de leur temps et les mots se gardent plutôt pour ceux qui savent, qui ont osé jadis et qui aujourd'hui partagent un petit quelque chose de spécial...
lundi 5 février 2007
Je l'ai averti:
Ne laisse rien chez moi et je ferai pareil chez toi. Ne mélangeons pas nos espaces. Si on se mélange on peut se perdre et ça finit toujours mal quand je dois aller laisser sur le balcon de l'autre sa brosse à dent dans un sac en plastique.
Il n'a rien dit et, pendant un moment, il repartait avec toutes ses choses.
Et puis sans que je m'en rende compte au début, il y a eu des oublis. Une odeur sur l'oreiller, une trace de bottes dans le vestibule, un sourire sur le miroir de la salle de bain.
Un soir il est rentré et j'avais déposé son savon et son shampoing dans sa deuxième paire de soulier sur le balcon. Devant son air ahuri, j'ai expliqué que je me sentais envahie.
Il n'a rien dit et, pendant un moment, il repartait de nouveau avec toutes ses choses.
Et puis boum, je me réveille un lundi matin et il y a quelques de ses bd dans ma bibliothèque, sa brosse à dent sur le haut de mon armoire, son mailhot de bain sur mon sèche-linge.
Le pire, c'est que je me sens de moins en moins envahie. Décidement, je ramolli.
Ne laisse rien chez moi et je ferai pareil chez toi. Ne mélangeons pas nos espaces. Si on se mélange on peut se perdre et ça finit toujours mal quand je dois aller laisser sur le balcon de l'autre sa brosse à dent dans un sac en plastique.
Il n'a rien dit et, pendant un moment, il repartait avec toutes ses choses.
Et puis sans que je m'en rende compte au début, il y a eu des oublis. Une odeur sur l'oreiller, une trace de bottes dans le vestibule, un sourire sur le miroir de la salle de bain.
Un soir il est rentré et j'avais déposé son savon et son shampoing dans sa deuxième paire de soulier sur le balcon. Devant son air ahuri, j'ai expliqué que je me sentais envahie.
Il n'a rien dit et, pendant un moment, il repartait de nouveau avec toutes ses choses.
Et puis boum, je me réveille un lundi matin et il y a quelques de ses bd dans ma bibliothèque, sa brosse à dent sur le haut de mon armoire, son mailhot de bain sur mon sèche-linge.
Le pire, c'est que je me sens de moins en moins envahie. Décidement, je ramolli.
dimanche 4 février 2007
Dimanche soir. J'ai le front qui bouillonne et le corps secoué de frissons. Sur l'écran, des hommes trempés qui luttent pour un trophée. Il a fait la cuisine et m'a recouverte d'une immense couette sous laquelle mon rhume disparait, oublié.
Ce ne sera pas la fête comme prévu, mais je ne suis pas sûre de regretter.
Ce ne sera pas la fête comme prévu, mais je ne suis pas sûre de regretter.
jeudi 1 février 2007
mercredi 31 janvier 2007
lundi 29 janvier 2007
Nous avons pris une heure et demi pour faire un chemin de dominos de la chambre à la cuisine. À la fin, il devait bien y avoir mille petits blocs rouges alignés les uns à la suite des autres à distance égale. Un travail de moine.
J'ai dit:
Quand je pousse le premier, s'ils tombent tous c'est que nous allons nous marier.
Il a hoché la tête. J'ai pris une grande inspiration et j'ai donné la petite poussée qui allait décider de notre avenir.
Pendant que ceux des cercles de la chambre tombaient, il a dit:
Es-tu certaine que c'est une bonne idée?
La chute s'est poursuivie dans le corridor, puis dans le salon où l'un des dominos a failli résister. J'ai fait une prière minute, le bloc rouge est tombé et la course a continué. J'ai dit:
Tu vois, ce n'est pas vraiment aléatoire.
Nous avions oublié le chat. Dans la cuisine, alors que nous approchions des voeux d'éternité, le chat a sauté du frigo au plancher et a balayé de sa pattes les derniers dominos avant qu'ils ne se couchent d'eux-mêmes, voulant lui aussi participer au jeu.
Il s'est retourné vers moi et il a dit:
Tu crois que ça veut dire que je dois épouser le chat?
J'ai dit:
Quand je pousse le premier, s'ils tombent tous c'est que nous allons nous marier.
Il a hoché la tête. J'ai pris une grande inspiration et j'ai donné la petite poussée qui allait décider de notre avenir.
Pendant que ceux des cercles de la chambre tombaient, il a dit:
Es-tu certaine que c'est une bonne idée?
La chute s'est poursuivie dans le corridor, puis dans le salon où l'un des dominos a failli résister. J'ai fait une prière minute, le bloc rouge est tombé et la course a continué. J'ai dit:
Tu vois, ce n'est pas vraiment aléatoire.
Nous avions oublié le chat. Dans la cuisine, alors que nous approchions des voeux d'éternité, le chat a sauté du frigo au plancher et a balayé de sa pattes les derniers dominos avant qu'ils ne se couchent d'eux-mêmes, voulant lui aussi participer au jeu.
Il s'est retourné vers moi et il a dit:
Tu crois que ça veut dire que je dois épouser le chat?
samedi 27 janvier 2007
Entre nous, des mots.
Des petits et des grands, des fraichement sortis du dictionnaire et d'autres, longtemps mastiqués.
Entre nous, des mots qui ont peur.
Ceux que je n'ai pas dit et qui grugent lentement la tour qu'on essaie tant bien que mal de construire. Ceux qu'il ne dit pas de peur que nos étages communs s'effondrent.
Entre nous, des peurs sans mots.
Des moments qu'on a laissé filer l'un et l'autre pour ne pas les gâcher et qui reviennent nous hanter au détour d'une fenêtre qu'on oublie de poser ou d'une porte qu'on a laissé ouverte.
Des petits et des grands, des fraichement sortis du dictionnaire et d'autres, longtemps mastiqués.
Entre nous, des mots qui ont peur.
Ceux que je n'ai pas dit et qui grugent lentement la tour qu'on essaie tant bien que mal de construire. Ceux qu'il ne dit pas de peur que nos étages communs s'effondrent.
Entre nous, des peurs sans mots.
Des moments qu'on a laissé filer l'un et l'autre pour ne pas les gâcher et qui reviennent nous hanter au détour d'une fenêtre qu'on oublie de poser ou d'une porte qu'on a laissé ouverte.
vendredi 26 janvier 2007
J'ai mis quelques temps à barricader la porte avec soin et puis j'ai débranché le téléphone.
J'ai choisi avec soin quelques bouquins, quelques coussins, quelques couvertures.
J'ai fait chauffer Edgar la bouilloire et j'ai préparé le dessous de la table qui est maintenant rendue dans le boudoir. La table bleue, celle du mariage de ma grand-mère, celle dont mon grand-père craint les oreilles. Le chat n'a pas trop compris. J'ai rit beaucoup, toute seule.
Demain matin, au réveil, l'appartement sera encore là.
J'ai choisi avec soin quelques bouquins, quelques coussins, quelques couvertures.
J'ai fait chauffer Edgar la bouilloire et j'ai préparé le dessous de la table qui est maintenant rendue dans le boudoir. La table bleue, celle du mariage de ma grand-mère, celle dont mon grand-père craint les oreilles. Le chat n'a pas trop compris. J'ai rit beaucoup, toute seule.
Demain matin, au réveil, l'appartement sera encore là.
mardi 23 janvier 2007
Là, derrière les gens qui se pressent et s'encastrent dans les métros pour être bien surs d'arriver chez eux le plus rapidement possible, moi.
Grand manteau blanc qui me déforme sur le dos, je hurle silencieusement la musique dans mes oreilles. Ces corps qui me tassent sur les vitres ne me dérangent presque plus tellement je suis rendue loin. Perdue. Au détour d'une station, je change de voisins et d'odeurs puis mes yeux se fixent et cillent parce qu'il y a. La surprise est immédiate, ma bouche reste ouverte sur quelques mots de Vallières qui s'oublient.
"Et malgré tous les remords
Malgré les détours bizarres
Je garderai ton sourire quequ'part
Ça sert plus à rien de se voir"
Les entends-tu toi aussi?
Grand manteau blanc qui me déforme sur le dos, je hurle silencieusement la musique dans mes oreilles. Ces corps qui me tassent sur les vitres ne me dérangent presque plus tellement je suis rendue loin. Perdue. Au détour d'une station, je change de voisins et d'odeurs puis mes yeux se fixent et cillent parce qu'il y a. La surprise est immédiate, ma bouche reste ouverte sur quelques mots de Vallières qui s'oublient.
"Et malgré tous les remords
Malgré les détours bizarres
Je garderai ton sourire quequ'part
Ça sert plus à rien de se voir"
Les entends-tu toi aussi?
Parfois, au détour d'une rue ou d'un nouveau visage,
des noms qui me reviennent en mémoire. Des initiales accrochées à des souvenirs.
Et parfois je me demande pourquoi je les ai laissé filer. Qu'est ce qui a fait que sur le coup, je n'ai pas tout mis en oeuvre pour garder près de moi ces univers éclatés...
des noms qui me reviennent en mémoire. Des initiales accrochées à des souvenirs.
Et parfois je me demande pourquoi je les ai laissé filer. Qu'est ce qui a fait que sur le coup, je n'ai pas tout mis en oeuvre pour garder près de moi ces univers éclatés...
lundi 22 janvier 2007
Des mots comme des mines.
Dans la maison face à la rivière il y a eu de la complicité à fleur de peau.
Et puis dimanche, le retour.
Un regard qui dure des milliards de secondes. Il a dit:
Un jour, je ne ferai pas attention et je vais le dire.
J'ai gardé le silence mais mon sourire disait qu'un jour peut-être que mes oreilles n'auraient plus peur.
Dans la maison face à la rivière il y a eu de la complicité à fleur de peau.
Et puis dimanche, le retour.
Un regard qui dure des milliards de secondes. Il a dit:
Un jour, je ne ferai pas attention et je vais le dire.
J'ai gardé le silence mais mon sourire disait qu'un jour peut-être que mes oreilles n'auraient plus peur.
jeudi 18 janvier 2007
J'ai acheté un bloc de post-it muticolore.
Jes vais en mettre partout.
Le long du corridor avec le nom des jours de la semaine pour pouvoir les arracher, les biffer, les rayer, les donner à manger au chat.
Sur le réfrigérateur, pour se souvenir de ne pas oublier de...
Sous l'oreiller, pour y écrire des rêves à faire et à devenir, y noter les idées folles qui me passent par la tête la nuit et que j'ai oublié au matin.
Dans l'agenda, pour cacher les dessins qui cachent les responsabilités.
Sur mon ventre.
Jes vais en mettre partout.
Le long du corridor avec le nom des jours de la semaine pour pouvoir les arracher, les biffer, les rayer, les donner à manger au chat.
Sur le réfrigérateur, pour se souvenir de ne pas oublier de...
Sous l'oreiller, pour y écrire des rêves à faire et à devenir, y noter les idées folles qui me passent par la tête la nuit et que j'ai oublié au matin.
Dans l'agenda, pour cacher les dessins qui cachent les responsabilités.
Sur mon ventre.
mardi 16 janvier 2007
Dans le noir, nous avons dit:
Le couple, c'est hors de question.
Faisons un duo.
Je serai violoncelliste et toi joueur de piano. Nous créerons des harmonies sans bruits lorsque les murs auront des oreilles et nous ferons tintamarre en privée.
Au matin, je lui ai murmuré à l'oreille:
Va rejoindre ta clarinettiste...
Le couple, c'est hors de question.
Faisons un duo.
Je serai violoncelliste et toi joueur de piano. Nous créerons des harmonies sans bruits lorsque les murs auront des oreilles et nous ferons tintamarre en privée.
Au matin, je lui ai murmuré à l'oreille:
Va rejoindre ta clarinettiste...
lundi 15 janvier 2007
Z.
Nous avons parlé de mon déménagement prochain, de son changement de carrière, de sa fuite possible du vieux continent, d'une éventuelle visite, de la proximité.
Il a dit:
Tu n'aimes pas être près de moi?
J'ai dit:
Je ne sais pas, il y a trop longtemps.
Il y a eu un silence qui s'est étiré. Il voulait me faire sentir que ma phrase avait été un reproche alors que c'était la sienne qui n'était que pure provocation
Il a dit:
Tu as raison, il y a trop longtemps, je ne sais plus non plus.
Comme si l'empreinte de nos souvenirs n'était pas indélébile sur le corps de l'autre.
Nous n'avons presque plus rien dit, laissant les mille suppositions dans les airs. Dans mes bras à moi, un autre homme.
Il a dit:
Tu n'aimes pas être près de moi?
J'ai dit:
Je ne sais pas, il y a trop longtemps.
Il y a eu un silence qui s'est étiré. Il voulait me faire sentir que ma phrase avait été un reproche alors que c'était la sienne qui n'était que pure provocation
Il a dit:
Tu as raison, il y a trop longtemps, je ne sais plus non plus.
Comme si l'empreinte de nos souvenirs n'était pas indélébile sur le corps de l'autre.
Nous n'avons presque plus rien dit, laissant les mille suppositions dans les airs. Dans mes bras à moi, un autre homme.
dimanche 14 janvier 2007
vendredi 12 janvier 2007
Dans l'escalier de la biliothèque, je me bute aux lèvres d'un homme aveugle qui murmurent mille choses délicieuses. Dans mon sac, qu'un ventre vide que l'on ne nourrira pas puisqu'il faut faire passer l'obligatoire avant le plaisir. Pourquoi les portes tournantes s'ouvrent-elles seulement dans le sens de l'horloge?
jeudi 11 janvier 2007
Histoire du quotidien
Ça y est. Je me suis de nouveau battue avec l'art culinaire.
Deux fois en deux jours, j'ai mangé la poussière.
Hier soir j'ai faire cuire une quiche (préfaite la quiche, je n'ai pas le niveau nécessaire pour m'y essayer). Elle semblait parfaite. Un miracle que je ne l'aie pas fait brûler comme j'ai l'habitude de faire avec tout ce que je prépare. Ça allait être un délice.
J'ai mis les mitaines, ouvert le four, pris la quiche et...
Je l'ai renversée.
Une belle quiche étalée à l'envers dans le fond d'un four noir et sale. Après avoir tout nettoyé, j'ai mangé de la salade.
Ce matin, en retard comme d'habitude, j'ai eu l'idée de me faire des oeufs à la coque pour mon diner. Entre la douche, la préparation du sac et l'impression des notes de cours j'ai donc mis deux oeufs dans le l'eau bouillie et j'ai attendu patiemment, longtemps. Il faut dire que je suis persuadée que l'appartement est sous le coup d'un mauvais sort, les oeufs à la coque sortent toujours le jeune pas cuit. Donc, j'ai attendu. Suffisament longtemps pour que quand je les sorte, la coque soit roussi. J'avais envie de me casser la tête sur le comptoir. Comment avais-je pu faire brûler des oeufs à la coque?
J'ai quand même décidé de les ouvrir, au cas. Miracle. Ils étaient parfaits. Deux oeufs à la coque parfaits! Je jubilais quand j'ai retiré la petite planche de derrière la grande et que je me suis retournée pour saisir le couteau. Une seconde de trop ce mouvement. Parce que la grande planche a eu le temps de perdre l'équilibre et de s'effondrer sur le bloc à ustensiles qui lui s'est effondré sur... mes oeufs.
Des oeufs à la coque partout. Dans l'évier, sur le comptoir, sur le sol. Des oeufs explosés.
Je le jure, j'ai presque pleuré.
Et ce soir, qu'est ce que je mange? N'importe quoi, tant que ce n'est pas moi qui le prépare!
Deux fois en deux jours, j'ai mangé la poussière.
Hier soir j'ai faire cuire une quiche (préfaite la quiche, je n'ai pas le niveau nécessaire pour m'y essayer). Elle semblait parfaite. Un miracle que je ne l'aie pas fait brûler comme j'ai l'habitude de faire avec tout ce que je prépare. Ça allait être un délice.
J'ai mis les mitaines, ouvert le four, pris la quiche et...
Je l'ai renversée.
Une belle quiche étalée à l'envers dans le fond d'un four noir et sale. Après avoir tout nettoyé, j'ai mangé de la salade.
Ce matin, en retard comme d'habitude, j'ai eu l'idée de me faire des oeufs à la coque pour mon diner. Entre la douche, la préparation du sac et l'impression des notes de cours j'ai donc mis deux oeufs dans le l'eau bouillie et j'ai attendu patiemment, longtemps. Il faut dire que je suis persuadée que l'appartement est sous le coup d'un mauvais sort, les oeufs à la coque sortent toujours le jeune pas cuit. Donc, j'ai attendu. Suffisament longtemps pour que quand je les sorte, la coque soit roussi. J'avais envie de me casser la tête sur le comptoir. Comment avais-je pu faire brûler des oeufs à la coque?
J'ai quand même décidé de les ouvrir, au cas. Miracle. Ils étaient parfaits. Deux oeufs à la coque parfaits! Je jubilais quand j'ai retiré la petite planche de derrière la grande et que je me suis retournée pour saisir le couteau. Une seconde de trop ce mouvement. Parce que la grande planche a eu le temps de perdre l'équilibre et de s'effondrer sur le bloc à ustensiles qui lui s'est effondré sur... mes oeufs.
Des oeufs à la coque partout. Dans l'évier, sur le comptoir, sur le sol. Des oeufs explosés.
Je le jure, j'ai presque pleuré.
Et ce soir, qu'est ce que je mange? N'importe quoi, tant que ce n'est pas moi qui le prépare!
mercredi 10 janvier 2007
mardi 9 janvier 2007
Nous avons dit: Les mots sont terrifiants.
Alors plutôt que de parler, nous nous sommes décrits à l'aide de nos mains et de nos corps entiers tout ce qui se passait dans notre ventre. Il y a eu une étreinte sans pardon, des rires avoués, des bousculades pour un rien.
Nous avons dit: Demain n'existe pas.
Alors plutôt que de dormir, nous avons étiré aujourd'hui sous les couettes en autant d'heures que nous le voulions. Il y a eu des confidences muettes et d'autres criées, il y a eu des cartes à jouer et des cartes de tarots vivement retournées.
Nous avons dit: Veux-tu?
Alors plutôt que de parler, nous nous sommes décrits à l'aide de nos mains et de nos corps entiers tout ce qui se passait dans notre ventre. Il y a eu une étreinte sans pardon, des rires avoués, des bousculades pour un rien.
Nous avons dit: Demain n'existe pas.
Alors plutôt que de dormir, nous avons étiré aujourd'hui sous les couettes en autant d'heures que nous le voulions. Il y a eu des confidences muettes et d'autres criées, il y a eu des cartes à jouer et des cartes de tarots vivement retournées.
Nous avons dit: Veux-tu?
lundi 8 janvier 2007
vendredi 5 janvier 2007
Le chat ne reconnait pas son nom.
Je fais avec lui la même chose qu'avec tous les gens de mon entourage. Je donne des surnoms, je trouve des moyens physiques d'attirer l'attention, je pointe, mais le nom...
Rarement.
J'ai peur des noms.
Alors quand le chat a découvert qu'il pouvait grimper sur le haut du réfrigérateur et ensuite sur le haut des armoires, il n'a pas compris tout de suite quand je me suis mise à crier:
Parenthèse, Parenthèse! Non! Descends de la tout de suite sale bestiole!
Il m'a regardé, s'est étiré et s'est installé bien confortablement entre la soupière de ma grand-mère et les coupes de ma tantine.
Ce tigre est un chat rebelle.
Je fais avec lui la même chose qu'avec tous les gens de mon entourage. Je donne des surnoms, je trouve des moyens physiques d'attirer l'attention, je pointe, mais le nom...
Rarement.
J'ai peur des noms.
Alors quand le chat a découvert qu'il pouvait grimper sur le haut du réfrigérateur et ensuite sur le haut des armoires, il n'a pas compris tout de suite quand je me suis mise à crier:
Parenthèse, Parenthèse! Non! Descends de la tout de suite sale bestiole!
Il m'a regardé, s'est étiré et s'est installé bien confortablement entre la soupière de ma grand-mère et les coupes de ma tantine.
Ce tigre est un chat rebelle.
jeudi 4 janvier 2007
Ça faisait plusieurs fois qu'il le demandait.
Nous deux, ça rime à quoi? Quel est notre but?
Moi, je haussais les épaules, je changeais de sujet. Pourquoi faudrait-il un but à une amitié?
On se téléphonait plusieurs fois par semaine, moi de jour et lui de nuit simplement pour me faire enrager. Je lui laissais la poésie des autres sur son répondeur, il me laissait de la musique sur le mien. Parfois, nos voix se croisaient.
Qu'est ce que tu fais ce soir?
On pourrait aller prendre une bière.
Face à face, il y avait souvent des silences, des regards, des mensonges. Je ne lui disais pas tout parce qu'il a le jugement facile et il secouait la tête en silence quand mes questions devenaient trop personnelles.
Je me souviens, il y a 5 ans, quand nous nous sommes rencontrés, il m'avait dit que nous finirions par nous marier. Ça ne voulait rien dire, mais c'était un spectre de trop, peut-être. Quand il me disait encore
Nous deux, ça rime à quoi? C'est quoi notre but?
Moi, j'avais ce mariage dans la tête et je me disais que c'était ridicule puisque nous n'avions jamais que dormi lorsque nous étions allongés côte à côte et qu'il sent beaucoup trop le savon pour que je m'accroche à lui.
Dernièrement je me suis mise à fréquenter son bar préféré. Parfois il venait, parfois pas. Quand j'arrivais après lui, j'allais le rejoindre à son bout de bar le temps d'une bière, de se raconter la semaine. Quand j'arrivais avant lui, il y avait indéniablement quelqu'un à côté de moi quand il mettait les pieds sur la piste de danse. Il secouait la tête, me demandait avec quelle phrase je m'étais fait approchée.
Décembre, il a laissé un message.
Rapelle-moi.
Allo?
Je t'ai appelé pour te dire que je ne veux plus jamais te voir ni te parler ni savoir ce que tu deviens.
Habituellement, c'est moi qui fait ces grandes sorties et qui revient au bout de six mois. Je n'ai rien dit, j'ai tranquillement déposé le téléphone sur son socle. D'Accord.
Cette nuit, dans un moment de panique terrifiante, mes doigts ont composé son numéro que je sais toujours par coeur. J'ai raccroché avant la première sonnerie.
Nous deux, ça rime à quoi? Quel est notre but?
Moi, je haussais les épaules, je changeais de sujet. Pourquoi faudrait-il un but à une amitié?
On se téléphonait plusieurs fois par semaine, moi de jour et lui de nuit simplement pour me faire enrager. Je lui laissais la poésie des autres sur son répondeur, il me laissait de la musique sur le mien. Parfois, nos voix se croisaient.
Qu'est ce que tu fais ce soir?
On pourrait aller prendre une bière.
Face à face, il y avait souvent des silences, des regards, des mensonges. Je ne lui disais pas tout parce qu'il a le jugement facile et il secouait la tête en silence quand mes questions devenaient trop personnelles.
Je me souviens, il y a 5 ans, quand nous nous sommes rencontrés, il m'avait dit que nous finirions par nous marier. Ça ne voulait rien dire, mais c'était un spectre de trop, peut-être. Quand il me disait encore
Nous deux, ça rime à quoi? C'est quoi notre but?
Moi, j'avais ce mariage dans la tête et je me disais que c'était ridicule puisque nous n'avions jamais que dormi lorsque nous étions allongés côte à côte et qu'il sent beaucoup trop le savon pour que je m'accroche à lui.
Dernièrement je me suis mise à fréquenter son bar préféré. Parfois il venait, parfois pas. Quand j'arrivais après lui, j'allais le rejoindre à son bout de bar le temps d'une bière, de se raconter la semaine. Quand j'arrivais avant lui, il y avait indéniablement quelqu'un à côté de moi quand il mettait les pieds sur la piste de danse. Il secouait la tête, me demandait avec quelle phrase je m'étais fait approchée.
Décembre, il a laissé un message.
Rapelle-moi.
Allo?
Je t'ai appelé pour te dire que je ne veux plus jamais te voir ni te parler ni savoir ce que tu deviens.
Habituellement, c'est moi qui fait ces grandes sorties et qui revient au bout de six mois. Je n'ai rien dit, j'ai tranquillement déposé le téléphone sur son socle. D'Accord.
Cette nuit, dans un moment de panique terrifiante, mes doigts ont composé son numéro que je sais toujours par coeur. J'ai raccroché avant la première sonnerie.
mardi 2 janvier 2007
Résolution
Le mot "Résolution" fait partie de ceux que je tente d'éloigner de ma bouche. Il est joli au son, mais horriblement difficile à contenir. Si j'en prends une, dix autres me viennent à l'esprit et, au final, je n'arrive à en tenir aucune. Depuis quelques années j'ai cessé de vouloir mettre des barrières à l'année à venir et, le trente et un au soir, je ne murmure plus qu'un seul mot en pensant au futur. Un souhait lancé dans les airs en espérant qu'il s'accroche à la réalité.
Quand j'étais petite j'avais une peur bleue de mon oncle Gaston. Chaque fois que je passais près de lui, il se tournait les coins de la moustache et menaçait de me changer en crapaud. Je longeais les murs quand j'entendais sa grosse voix éclater dans l'espace et j'espérais qu'il ne mette pas ses menaces à exécutions. Parce qu'un crapaud, je trouvais ça très laid.
Aujourd'hui, j'ai valsé avec mon oncle Gaston. Sans avoir peur de sa grosse voix et sans qu'il ne me menace de me transformer en crapaud. Peut-être qu'après tout j'ai grandi...
mercredi 27 décembre 2006
samedi 23 décembre 2006
Parfois, il fait noir et la musique joue à tue-tête.
Parfois, j'ai envie d'être ailleurs, dans mon coin de paradis, sous d'autres nuages, dans d'autres bras.
Parfois, le temps coule si lentement qu'il s'entend...
"J'voudrais être large comme le désert...
J'voudrais couler, j'voudrais, j'voudrais couler, j'voudrais couler comme une rivière..."
Et puis comme ça, sans avertir, Bang! le Bonheur.
Parfois, j'ai envie d'être ailleurs, dans mon coin de paradis, sous d'autres nuages, dans d'autres bras.
Parfois, le temps coule si lentement qu'il s'entend...
"J'voudrais être large comme le désert...
J'voudrais couler, j'voudrais, j'voudrais couler, j'voudrais couler comme une rivière..."
Et puis comme ça, sans avertir, Bang! le Bonheur.
mardi 19 décembre 2006
dimanche 17 décembre 2006
samedi 16 décembre 2006
Service spécial sur la ligne orange, vers 18 heures, un bordel total, des autobus plein de gens et tout à coup, un siège juste devant moi qui se libère. Je viens pour m'y asseoir quand un vieil (Mais alors là, très vieil) homme monte dans l'autobus. Je lui désigne le banc, mais il secoue la tête.
- Vous savez Mademoiselle, à mon âge quand je m'assois je ne sais jamais si je vais réussir à me relever.
J'ai rit. J'ai rit terriblement fort et terriblement longtemps. Soudainement, je m'en foutais d'être trempée, d'être en retard, d'être fatiguée. Basta.
- Il y en a des choses entre les courants d'air dans ma tête...
Je lui ai sourit et pendant vingt minutes nous avons fait chemin côte à côte, moi assise et lui debout. Pour les autres, je devais avoir l'air d'être terriblement égoiste et mal élevée. Mais tant pis.
Quand il est sorti, nous avons échangés un autre sourire.
Je le jure, il avait des ailes dans le dos...
- Vous savez Mademoiselle, à mon âge quand je m'assois je ne sais jamais si je vais réussir à me relever.
J'ai rit. J'ai rit terriblement fort et terriblement longtemps. Soudainement, je m'en foutais d'être trempée, d'être en retard, d'être fatiguée. Basta.
- Il y en a des choses entre les courants d'air dans ma tête...
Je lui ai sourit et pendant vingt minutes nous avons fait chemin côte à côte, moi assise et lui debout. Pour les autres, je devais avoir l'air d'être terriblement égoiste et mal élevée. Mais tant pis.
Quand il est sorti, nous avons échangés un autre sourire.
Je le jure, il avait des ailes dans le dos...
Vers une heure en plein centre-ville, un orage. Des éclairs pleins le ciel, des gens qui se cachent sous les porches, des rafales de pluie. Et un homme à côté de moi qui me dit:
Ce serait si beau si c'était de la neige...
Et pouf. J'étais amoureuse. Au même moment, la même pensée. Oui, tout aurait été congestionné, on aurait pesté contre la tempête, les automobilistes auraient pleuré de rage, mais ça aurait été si beau, un 15 décembre, une tempête de neige sur Montréal...
Ce serait si beau si c'était de la neige...
Et pouf. J'étais amoureuse. Au même moment, la même pensée. Oui, tout aurait été congestionné, on aurait pesté contre la tempête, les automobilistes auraient pleuré de rage, mais ça aurait été si beau, un 15 décembre, une tempête de neige sur Montréal...
mercredi 13 décembre 2006
Sur la rue, de plus en plus de lumières qui scintillent. De ma poche, je sors tous les sous noirs que j'y amasse au fil des crayons achetés et je les laisse s'échapper l'un après l'autre de mes doigts transis. Un voeu ici, un autre là.
Ce n'est pas un chemin pour le retour, c'est de l'espoir pour demain...
Ce n'est pas un chemin pour le retour, c'est de l'espoir pour demain...
dimanche 10 décembre 2006
Ma mère et moi avons deux façons très différentes d'écouter les histoires. Ma mère pose des questions, sans cesse. Elle craint toujours de ne pas avoir tout saisi, demande de répéter. Moi, je me perds dans les mots, certains me manquent et je m'en fous. J'écoute et parfois il manque des bouts à l'histoire qu'on me raconte, mais je trouve que ça donne du charme.
Aujourd'hui, ma soeur à l'aéroport. Qui nous raconte, qui nous raconte... Et ma mère qui pose des questions et moi qui hoche de la tête. Ah oui? Intéressant...
Aujourd'hui, ma soeur à l'aéroport. Qui nous raconte, qui nous raconte... Et ma mère qui pose des questions et moi qui hoche de la tête. Ah oui? Intéressant...
dimanche 3 décembre 2006
" ... trajectoires divergentes... le doute, la tristesse et la vie et nous deux perdus dans le cosmos..."
Hochelaga par un dimanche matin. Des rues déjà visitées par d'autres saisons, dans d'autres bras. Comme si le présent ne pouvait faire autrement que de se tisser avec le passé. Ne reste-t-il pas de coin de ville qui n'est pas empli de bouts de relation?
"... je dors sur les ruines du futur..."
Chut, la neige...
Hochelaga par un dimanche matin. Des rues déjà visitées par d'autres saisons, dans d'autres bras. Comme si le présent ne pouvait faire autrement que de se tisser avec le passé. Ne reste-t-il pas de coin de ville qui n'est pas empli de bouts de relation?
"... je dors sur les ruines du futur..."
Chut, la neige...
jeudi 30 novembre 2006
Il m'a fallu quarante minutes pour partir de chez moi et atterir en plein Dublin, mardi soir. Il a suffit de descendre quelques marches et de pousser une porte pour gober les six milles et quelques kilomètres qui me sépare de cette ville presque mythique dans mon imaginaire. De la Guiness, des trèfles à quatre feuilles, des voix anglaises, un chanteur en Kilt. Si ce n'avait été du téléviseur en coin qui montrait la partie de hockey, je me serais crue ailleurs...
dimanche 26 novembre 2006
Un blocage. Des mots plein la tête et pourtant rien qui ne sort. Des gens dans mon salon, des voix dans ma tête. Des pinceaux qui font des bavures alors que mes mains tremblent. Craqueter. Faire des craquements répétitifs.
Je craquetais dans ma tête avec l'intime conviction que je devais faire quelque chose. Après tout c'est dimanche. Je ne peux pas trainer mes fissures jusqu'au lundi.
J'ai mis une casquette sur ma tête et des gants dans mes mains. Je suis sortie courir.
Sur la rue Berri, il y a des gens qui ont installé leurs lumières de Noël.
C'est joli.
Je craquetais dans ma tête avec l'intime conviction que je devais faire quelque chose. Après tout c'est dimanche. Je ne peux pas trainer mes fissures jusqu'au lundi.
J'ai mis une casquette sur ma tête et des gants dans mes mains. Je suis sortie courir.
Sur la rue Berri, il y a des gens qui ont installé leurs lumières de Noël.
C'est joli.
mercredi 22 novembre 2006
Quelques fois par semaine, quand l'envie m'en prend ou quand le vent le désire, je décroche le combiné, compose un numéro, attend un message de répondeur. Quand à la fin du message bizarre le petit son strident se fait entendre, je prends une grande respiration et je lis. Cette semaine, je lui ai lu du Jonathan Harnois, ce type que je ne connaissais même pas il y a une semaine et qui me chavire de ses mots qui glissent, qui bercent, qui claquent.
"Ce qu'Andelle est, c'est impossible à rejoindre. Les mots se suicident: ils ne se sentent pas dignes de l'évoquer. Ce qu'Andelle est, c'est impossible à rejoindre. Il faut la vivre quand elle ouvre les yeux le matin, déjà toute disposée à aimer, à aimer comme une femme, à aimer comme l'urgence, ou comme l'aveu, ou aimer comme un fantasme. Aimer sans arme, avec des mots et des chaleurs, avec des yeux sans âge."
"Ce qu'Andelle est, c'est impossible à rejoindre. Les mots se suicident: ils ne se sentent pas dignes de l'évoquer. Ce qu'Andelle est, c'est impossible à rejoindre. Il faut la vivre quand elle ouvre les yeux le matin, déjà toute disposée à aimer, à aimer comme une femme, à aimer comme l'urgence, ou comme l'aveu, ou aimer comme un fantasme. Aimer sans arme, avec des mots et des chaleurs, avec des yeux sans âge."
mardi 21 novembre 2006
Ce soir, on m'invite au théâtre.
Le On qui m'invite a acheté les billets sans me prévenir, simplement parce que je lui ai déjà parlé, lors de notre première rencontre qui est tout de même récente, de mon amour de la République Tchèque et que, justement, une pièce tchèque est jouée présentement au théâtre Prospéro.
Ce soir, le célibat goûte le chocolat.
Le On qui m'invite a acheté les billets sans me prévenir, simplement parce que je lui ai déjà parlé, lors de notre première rencontre qui est tout de même récente, de mon amour de la République Tchèque et que, justement, une pièce tchèque est jouée présentement au théâtre Prospéro.
Ce soir, le célibat goûte le chocolat.
vendredi 17 novembre 2006
jeudi 16 novembre 2006
Odeurs
Jeudi matin. En sortant du pavillon principal de l'université, sérieusement en retard et les yeux encore collé, le café oublié sur le comptoir de l'appartement situé beaucoup trop loin pour qu'un retour soit possible, une surprise.
Une journée d'automne parfaite. Un ciel juste assez gris pour qu'il ne mouille pas, une odeur céalée, étrange, de feu de camp entre les immeubles de la ville.
Une journée d'automne parfaite. Un ciel juste assez gris pour qu'il ne mouille pas, une odeur céalée, étrange, de feu de camp entre les immeubles de la ville.
mardi 7 novembre 2006
Bonheur
Je me suis acheté un chapeau rose. Il est très rose et particulièrement doux. Quand je marche, je vois en permanence une bande rose dans le haut de mon chant de vision.
Ça me rend follement heureuse.
Ça me rend follement heureuse.
samedi 4 novembre 2006
Hier
J'ai fait du patinage artistique pendant huit ans. J'ai raccroché mes patins parce que je n'arrivais plus à atteindre les exigences de mes professeurs en ayant du plaisir. Parce que patiner était devenu une corvée, parce qu'il m'arrivait de pleurer le soir en rentrant devant mes pieds qui grandissaient et refusaient d'avoir la puissance nécessaire pour supporter mon corps en expansion dans des doubles et triples envolées et que, parfois, je me cachais des les vestiaires pour écouler mon temps de pratique.
Les trois années qui ont suivi, j'ai parfois pris mon sac en cachette, glissé mes pieds, même si trop grands, dans mes vieux patins et tenté quelques figures sur le lac gelé d'un terrain vague pas trop loin de chez moi. Jusqu'à ce que mes pieds n'entrent plus dans les bottines blanches.
Je suis allée patiner, hier. Je ressors de ces rencontres avec la glace toujours un peu heureuse, un peu mélancolique.
Je n'y peux rien, je suis incapable de ne pas penser aux longues années où mes patins pouvaient me permettre de conquérir un monde terrifiant d'arabesques, de pirouettes et de sauts. Maintenant, sur des patins loués trop mous ou trop durs, mes pieds ne se souviennent plus des mouvements à faire et j'ai l'impression qu'ils se jouent un peu de moi.
J'ai quand même eu beaucoup de plaisir. Juste de glisser, gants rayés rose et noir aux mains, foulard au cou, sur une surface blanche, ça me rend pleine d'un bonheur de petite fille. N. m'a fait rire, il a dédramatisé mes piètres exploits et il m'a même convaincue d'expérimenter la chute ( volontaire et sans réel danger) sans craindre de blesser ce dos qui depuis l'accident me donne mille et une frousse.
Je suis ressortie de la patinoire un peu plus légère, un peu moins frustrée de ma condition actuelle, en me promettant que cette fois, je ne passerais pas deux ans avant de remettre des lames sous mes pieds parce qu'après tout, le plaisir peut être tout simplement de jouer, sans être centré sur la perfomance comme on me l'a longtemps enseigné.
Les trois années qui ont suivi, j'ai parfois pris mon sac en cachette, glissé mes pieds, même si trop grands, dans mes vieux patins et tenté quelques figures sur le lac gelé d'un terrain vague pas trop loin de chez moi. Jusqu'à ce que mes pieds n'entrent plus dans les bottines blanches.
Je suis allée patiner, hier. Je ressors de ces rencontres avec la glace toujours un peu heureuse, un peu mélancolique.
Je n'y peux rien, je suis incapable de ne pas penser aux longues années où mes patins pouvaient me permettre de conquérir un monde terrifiant d'arabesques, de pirouettes et de sauts. Maintenant, sur des patins loués trop mous ou trop durs, mes pieds ne se souviennent plus des mouvements à faire et j'ai l'impression qu'ils se jouent un peu de moi.
J'ai quand même eu beaucoup de plaisir. Juste de glisser, gants rayés rose et noir aux mains, foulard au cou, sur une surface blanche, ça me rend pleine d'un bonheur de petite fille. N. m'a fait rire, il a dédramatisé mes piètres exploits et il m'a même convaincue d'expérimenter la chute ( volontaire et sans réel danger) sans craindre de blesser ce dos qui depuis l'accident me donne mille et une frousse.
Je suis ressortie de la patinoire un peu plus légère, un peu moins frustrée de ma condition actuelle, en me promettant que cette fois, je ne passerais pas deux ans avant de remettre des lames sous mes pieds parce qu'après tout, le plaisir peut être tout simplement de jouer, sans être centré sur la perfomance comme on me l'a longtemps enseigné.
jeudi 2 novembre 2006
Jeudi
21h25. Je mets les pieds sur le trottoir, en sortant du travail. L'air est bon, la lune est jolie. Je passe à côté de ce petit bar, Honey Martin, et je me dis que j'aimerais habiter au-dessus pour venir y passer les jeudis soirs.
22h00. Je sors du métro, presque déjà chez moi. Je respire toujours aussi bien, je me dis que l'appartement sera silencieux, que Paranthèse sautera partout pour m'accueillir, que j'ai faim, finalement.
22h01. L'appartement est plein de lumière. V. et D. y sont, d'humeur joyeuse et fêtarde. Je suis accueillie par un chat un peu fou et par une bouteille de vin rouge à peine entamée. Un verre?
23h15. L'instant est passé. D. est retourné chez lui, V. s'est endormie et Parathèse s'est niché dans le creux de mon bras. Le moment a été court, mais parfait. On a rit beaucoup, on est revenu sur nos théories du bonheur esquissées mardi soir et on en est venu à la conclusion que là, maintenant, c'est du bonheur pur.
22h00. Je sors du métro, presque déjà chez moi. Je respire toujours aussi bien, je me dis que l'appartement sera silencieux, que Paranthèse sautera partout pour m'accueillir, que j'ai faim, finalement.
22h01. L'appartement est plein de lumière. V. et D. y sont, d'humeur joyeuse et fêtarde. Je suis accueillie par un chat un peu fou et par une bouteille de vin rouge à peine entamée. Un verre?
23h15. L'instant est passé. D. est retourné chez lui, V. s'est endormie et Parathèse s'est niché dans le creux de mon bras. Le moment a été court, mais parfait. On a rit beaucoup, on est revenu sur nos théories du bonheur esquissées mardi soir et on en est venu à la conclusion que là, maintenant, c'est du bonheur pur.
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