mardi 17 novembre 2015

J'ai envie d'autres bras. Pas de bras nus pour des étreintes fiévreuses, mais des bras habillés de laine, réconfortants, dans lesquels je pourrais abandonner quelques instants mes vents du large et mes doutes. Enveloppe-moi, doucement, sans rien dire.

lundi 16 novembre 2015

Montréal. Comme une bouffée d'air pur, le sentiment que je suis à ma place, entre les appartements en ligne, les escaliers, la foule pressée.

lundi 12 octobre 2015

Redessine-toi un peu chaque jour Sans comparaison La vie d'avant est partie Dans le trou de la douche Dispersée dans les tuyaux Eau qui coule et qu'on ne peut retenir Ne reste que la sensation L'envie de fluidité À retransposer Dans le présent L'ici Et maintenant Cet univers en angles Où tu t'accroches trop souvent

mercredi 17 juin 2015

Cette impression d'urgence alors que le 2 changera pour un 3 dans quelques heures. Ranger les bibliothèques, trier, enlever la poussière. Vouloir se réveiller dans du propre, comme si c'était une nouvelle route. Il y a dix ans, tu aurais imaginé tout ça? m'a-t-IL demandé au souper. Jamais. Comment aurais-je? Célibataire endurcie, amoureuse de la ville, sans envie d'enfants, avec des racines que je croyais profonde. Mais la vie se révèle parfois imprévisible, avec ses vagues fortes qui emportent tout, brisent les digues, font en sorte qu'on se réveille un matin, trentenaire, mariée, mère, campagnarde... Belge. Et dans dix ans?

lundi 6 avril 2015

Le ventre qui se tord quelques heures avant le départ. Cette valise qui me semble être une montagne trop compliquée à monter, ce désir de rester, de me caler sous les couvertures avec les amours de ma vie, de rester de ce côté-ci de l'océan. Toujours la même chose. Je suis écartelée entre deux univers sis à 7 heures d'avion de distance...

dimanche 22 février 2015

Il y a sept mois que nous avons mis vendu les meubles accumulés au fil des années, mis le reste de notre univers dans des boîtes, invité nos filles à jouer à saute-mouton sur l'océan. Six mois que nous sommes arrivés dans cette maison où la ville me manque chaque matin, mais où le jardin me réconcilie avec la nature. Sept, six, huit parce que déjà tout ce temps. Et parfois je suis bien, presque en équilibre. Mais parfois, le vent est si fort au creux de mon ventre que j'ai peur qu'il m'emporte. Tu as de la chance, tu as créé deux petites ancres si lourdes que je ne sais pas partir. Même si parfois j'ai l'impression que c'est la seule chose qui me retienne.

samedi 28 décembre 2013

Quand tu es née, je t'ai murmuré à l'oreille que tu m'apprendrais à être Zen. Tu as bien réussi les premiers mois, adorables dans ton calme, ta paix intérieure, tes horaires simples. Et puis... Tu as développé ton caractère. Tu dis maman, arci, acore, mais tu hurle aussi veux pas, tute et non. Entre les moments de sommeil, il y a maintenant les cris. Tu danses, tu rigoles, tu pleures. Je te trouve fascinante et énervante à la fois.